Les étudiants s’institutionnalisent

Maurice Magar /Les réflexions pour la mise en place d’une Chambre des étudiants sont en cours

L’Acel et l’Unel ont fait parvenir leurs avis au ministère.

C’est lors des Réunions européennes des étudiants luxembourgeois (REEL) en 2014 que l’Acel (Association des cercles d’étudiants luxembourgeois) lance l’idée d’une représentation nationale permanente des étudiants au Luxembourg. En juillet 2014, lorsque la Chambre adopte la loi sur les aides financières pour les études supérieures, les députés Claude Adam (Déi Gréng), Taina Bofferding (LSAP) et Eugène Berger (DP) soumettent une motion pour demander une évaluation de cette loi après deux ans et pour inciter le gouvernement à réfléchir sur la mise en place d’«une représentation nationale des étudiants».

Depuis, l’idée a fait son bout de chemin et les deux plus grandes organisations étudiantes du pays – Acel et Unel (Union nationale des étudiants luxembourgeois) – ainsi que la Conférence nationale de la jeunesse (CGJL) ont rencontré le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, Marc Hansen, pour mettre au point une feuille de route.

Mais d’abord, pourquoi un tel projet a-t-il germé tant chez les étudiants que chez les responsables politiques? «En tant que politique, j’estimais à l’époque qu’il était utile d’avoir un seul interlocuteur pour discuter des projets concernant directement les étudiants», se rappelle le député écolo Claude Adam, auteur de la motion qui a mis ce processus en branle. Même son de cloche d’ailleurs chez le secrétaire d’Etat.

Aides financières

 

La loi sur les aides financières était cruciale aussi afin de faire avancer l’idée de ce que Marc Hansen n’aime pas appeler une «Chambre des étudiants». En effet, le texte de loi de Claude Meisch a rencontré une opposition vive de la part des étudiants qui ont manifesté contre le fameux projet de loi 6670. Mais il a aussi montré qu’il existe d’importants clivages entre les deux grandes organisations étudiantes. A l’époque, l’Unel avait participé activement à la mise en place du Comité d’action 6670 qui a, entre autres actions, organisé la manifestation des élèves et étudiants. L’Acel, de son côté, avait exprimé son soutien au projet de Claude Meisch. Reproches et critiques virulentes avaient fusé entre les deux associations via des communiqués incendiaires.

Plus récemment, l’Unel a boycotté la présentation d’une étude réalisée par TNS-Ilres sur le coût des études. Un sondage que l’Acel a défendu jusqu’au bout. Le dernier incident date de la présentation aux médias par l’Unel de son avis sur la question. L’Acel n’a pas tardé à montrer son désaccord avec cette démarche puisqu’il n’y aurait pas eu de discussions au préalable entre les deux organisations. Le porte-parole de l’Union, Pol Reuter, se montre étonné de ces critiques puisque chaque organisation, chacune de son côté, a eu la mission d’émettre un point, un avis.

Marc Hansen laisse cependant sous-entendre que cette démarche n’est pas trop à son goût non plus: «Ce n’est pas la démarche pour laquelle nous avions opté ensemble, mais je considère que nous sommes toujours dans le processus.» Quoi qu’il en soit, les deux organisations soutiennent le projet pour les mêmes raisons que Claude Adam et Marc Hansen. Il s’agit de trouver un consensus pour représenter les étudiants et éviter ainsi les guéguerres entre l’Acel et l’Unel.

En attendant les prochaines réunions avec les acteurs, le ministère regarde de son côté ce qui se passe à l’étranger «afin de leur montrer ce qui se fait de mieux au-delà de nos frontières». En tout cas, les discussions n’ont pas encore abouti et il reste désormais une approche commune à développer. En ce qui concerne une éventuelle échéance, le secrétaire d’Etat n’en donne pas. Le vice-président de l’Acel, Laurent Cattarinussi, estime en revanche que ce ne sera pas dans l’immédiat et qu’il y a d’autres sujets, comme la loi sur les aides financières par exemple, qu’il faut régler avant de reparler d’une représentation.