A vos marques…

C’est peu de dire que l’esprit olympique ne s’est pas encore arrêté à Rio…

Il faut dire que le contexte de crise économique, politique et sociale n’aide pas. De l’euphorie
qui présidait en 2009, lors de l’annonce du choix de la ville pour les Olympiades d’été, il
ne reste rien. Place aux inquiétudes. Nombreuses.

Commençons par les sanitaires avec le virus Zika et, plus globalement, le niveau de pollution
de la ville. Le plan d’eau est qualifié de poubelle à ciel ouvert. Les athlètes vont nager
dans la merde, préviennent des chercheurs qui ont relevé dans la baie de Rio un taux anormalement élevé de bactéries toxiques mélangées à de la matière fécale. Le risque de contamination par des virus est 1,7 million de fois supérieur au niveau considéré comme inquiétant en Europe. Trois cuillères à café de l’eau de Rio suffiraient pour contracter un virus. Mis à part organiser une épreuve de charia à voile pour les impulsifs combattants de Daech, on ne voit guère qui oserait songer à organiser quoi que ce soit dans ce cloaque.

La transition vers les inquiétudes sécuritaires coule de source. Et le terrorisme ne représente
qu’une petite partie des soucis. Le Brésil est un pays violent. Et la crise sociale accélère le mouvement. Les faits divers relatant des agressions de sportifs ou de journalistes commencent à se multiplier.
On apprend même qu’une agression sera simulée lors de la cérémonie d’ouverture.
Quand le raffinement le dispute au bon goût, les limites s’effacent d’elles-mêmes…
Cette saynète sera-t-elle supprimée ce vendredi? Suspense…
Passons sur le fait que les infrastructures ne semblent pas au niveau. Des délégations désertent le village olympique jugé insalubre. Même Claude François ne toucherait pas à
une prise là-bas. Et les Pokémon ne viendront pas, c’est quand même un signe. Et de
sport, n’en parlons même pas: on cause plus dopage à Rio que sur le Tour de France. Et les
Jeux n’ont pas commencé…
Il serait peut-être temps d’arrêter le massacre et de renoncer aux Jeux olympiques – et
l’analyse vaut pour la Coupe du monde de football –, devenus des enjeux commerciaux et
des vitrines pour des pays en mal de reconnaissance. Si le Brésil voulait les Jeux pour assurer sa prospérité d’alors et son statut de puissance régionale, les motivations de la Russie et du Qatar sont moins reluisantes.
Il faut inventer les Jeux olympiques post-modernes.
Avec ou sans le CIO.
MARC FASSONE