Zone euro: l’inflation continue de ralentir en juin (1,3%)

L’inflation dans la zone euro a continué de ralentir en juin, à 1,3%, bien en dessous de l’objectif de 2,0% de la Banque centrale européenne (BCE), selon une première estimation publiée vendredi par l’Office européen des statistiques Eurostat.

Le taux d’inflation annuel des 19 pays ayant adopté la monnaie unique avait atteint 1,4% en mai. Le ralentissement de l’inflation est moins fort que ce qu’avaient anticipé les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur une hausse des prix à la consommation de 1,2%. Il s’explique en partie par un fort ralentissement de la hausse des prix de l’énergie, qui ne progressent plus que de 1,9% en juin, contre 4,5% en mai et 7,6% en avril. Une inflation légèrement inférieure à 2,0% sur un an est considérée par la BCE comme un signe de bonne santé de l’économie, car cela correspond selon elle à la définition de la stabilité des prix.

L’inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac, qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) a en revanche progressé, pour se porter à 1,1% en juin, contre 0,9% en mai. « Tous les signaux indiquent maintenant un renforcement et un élargissement de la reprise dans la zone euro », avait estimé mardi la président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, lors du forum annuel de l’institution au Portugal. Mais malgré ce contexte encourageant, « nous devrons être graduels lors de l’ajustement de nos paramètres de politique » monétaire, avait ajouté M. Draghi.

Depuis 2015, la BCE a ramené ses taux directeurs à leur plus bas niveau et commencé à inonder le marché de liquidités, en rachetant chaque mois des dizaines de milliards d’euros de dette. Cela a permis de soutenir la croissance économique et de refouler le spectre de la déflation en zone euro, qui menaçait en 2014. En même temps, la BCE doit agir face à des facteurs internationaux, comme les taux de change, les prix des matières premières et la remontée des taux d’intérêts à long terme, lesquels influent aussi sur les conditions financières en zone euro, selon Mario Draghi. Du fait de ces incertitudes persistantes, la BCE a toutes les raisons de rester « prudente » avant d’ajuster le cours de sa politique monétaire, avait-il expliqué.

afp