Yashar Bashirov: flexibilité et agilité

Yashar Bashirov

A Montpellier, les 51èmes championnats d’Europe en karaté se sont terminés le 8 mai. L’équipe nationale féminine de l’Azerbaïdjan a remporté de l’or, Rafael Aghayef est devenu pour la 13ème fois champion d’Europe et l’azerbaïdjanais Roman Heydarov a remporté une médaille de bronze en Kata.
Nous avons pu rencontrer Yashar Bashirov, président de la fédération Azerbaïdjanaise de karaté et membre de la commission technique de la WKF (World Karate Federation). Il nous a expliqué les raisons de cette dominance.
Porteur du 8ème degré de la ceinture noire, Bashirov a été le premier champion d’Europe issu de l’Azerbaïdjan et participe aujourd’hui activement au développement de ce sport dans son pays.
«Depuis mon enfance j’ai pratiqué du sport de compétition. Athlétisme, judo puis le karaté», se souvient Yashar Bashirov.
En 1994 après avoir fait ses études en Biologie à Moscou, il a fondé son propre club de Karaté, appelé «Qara Qaplan». «Le nom n’a pas été choisi par hasard. Il est en réalité inspiré par une race de panthère qui vit dans les montagnes de notre pays. En outre, mon club domine depuis les 8 dernières années le karaté en Azerbaïdjan,» raconte-t-il fièrement.
«Depuis 1997, la fédération nationale de karaté de l’Azerbaïdjan est membre de la fédération mondiale WKF, qui réunit en tout plus de 180 pays. A noter que l’intérêt de cet art martial, qui est né à Okinawa, s’est développé en Union Soviétique après une démonstration des techniques du karaté aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Le sort du karaté soviétique n’a pas été facile, il constitue un des rares sports interdits à plusieurs reprises en URSS. «Entre 1983 et 1989 le karaté a été prohibé pour la dernière fois, à cause de menaces et de punitions sévères nous avons dû nous entraîner dans le secrètement», raconte Yashar Bashirov.
A ce jour le karaté constitue un des sports les plus populaires et répandus en Azerbaïdjan. Les infrastructures sont constamment améliorées et de nombreuses installations sportives modernes ont été construites.
«Les arts martiaux sont ancrés dans nos gènes. Nous sommes un peuple qui a du tempérament, d’ailleurs le feu est notre symbole national et c’est aussi le symbole de la lutte. D’autre part notre danse traditionnelle est basée sur le rythme, une aptitude dominante au karaté. Enfin, il ne faut pas oublier l’une des grandes traditions orientales qui est en même temps une règle obligatoire des arts martiaux: le respect des plus âgés.»
En 2015, le karaté a été introduit dans le programme des premiers Jeux Olympiques de l’Europe qui se déroulaient à Bakou. «Le président azerbaïdjanais, Ilham Alyev, m’a demandé si nous étions en mesure d’obtenir une médaille en or», se souvient l’ancien karatéka. «J’ai répondu par l’affirmative. Par après j’étais extrêmement fier de ne pas avoir simplement tenu ma promesse, mais de l’avoir dépassé. Notre équipe nationale avait remporté 4 médailles d’or et 2 médailles de bronze, ce qui nous a permis de finir à la première place du classement global dans cette discipline sportive.»
Aujourd’hui une des tâches principales du président de la fédération azerbaïdjanaise est l’intégration du karaté dans le programme des Jeux Olympiques à Tokyo et ainsi d’acquérir la première médaille olympique de karaté avec sa sélection nationale.

«Un bon karatéka doit être intelligent avoir travaillé au maximum sur sa forme physique et avoir une bonne vitesse de réactivité. Nous avons la chance de compter dans nos rangs le meilleur karatéka du monde. Rafael Aghayef est un talent exceptionnel, un sportif qui nait peut être qu’une fois en 100 ans. D’ailleurs nous espérons qu’il pourrait couronner sa carrière en 2020 avec une médaille en or,» précise-t-il.

L'équipe hommes, avec Rafael Aghayef (3e d.g.)
L’équipe hommes, avec Rafael Aghayef (3e d.g.)

Les liens avec la fédération luxembourgeoise sont étroits, en 2014 l’équipe de Azerbaïdjan avait effectué un stage au Luxembourg, où nos karatékas ont eu la possibilité de défier leurs adversaires azerbaïdjanais. «L’équipe féminine du Luxembourg a un niveau plus élevé que les hommes. Les filles du Grand-Duché ont une bonne réputation mondiale au karaté, les différents titres internationaux en sont la preuve.»

L'équipe dames de l'Azerbaïdjan
L’équipe dames de l’Azerbaïdjan

«En effet cette discipline sportive est parfaite pour les femmes. Elle stimule la flexibilité, l’agilité et permet à elles de se défendre. Regardez simplement toutes nos athlètes, que des mannequins!», rigole Yashar Bashirov. Ainsi, il n’est plus étonnant que l’équipe féminine de l’Azerbaïdjan a remporté l’or et non les hommes, sortis très tôt par le Portugal. «Selon mon opinion personnelle, nos hommes étaient beaucoup trop arrogants. Dans le sport, quand vous devenez une fois champion, vous devez travailler encore plus durement parce que l’adversaire sera encore plus motivé à vous battre. Ainsi notre équipe a été punie, il faut se ressaisir au plus vite,» conclut l’ancien champion.

Alexeji Nickels