Vogue Arabia détrône la princesse saoudienne à sa tête

Le règne de la princesse saoudienne Deena Aljuhani Abdulaziz à la tête de Vogue Arabia, l’édition du célèbre magazine de mode pour le Moyen-Orient, aura été de courte durée: elle a été renvoyée après seulement deux numéros.

L’éditeur Nervora, basé à Dubaï, a annoncé vendredi pour la remplacer la nomination de Manuel Arnaut au poste de rédacteur en chef. Il avait débuté sa carrière chez Vogue Portugal et prendra ses fonctions à partir du 7 mai.

Manuel Arnaut est le deuxième homme nommé à la tête d’une édition de Vogue en moins d’une semaine, après Edward Enninful, qui va prendre les commandes de l’édition britannique. « J’ai refusé de faire des compromis lorsque j’ai senti que l’approche de l’éditeur était en conflit avec les valeurs de nos lecteurs et le rôle du rédacteur en chef pour respecter ces valeurs », avait déclaré jeudi la princesse Deena au site internet Business of Fashion, sans détailler les raisons de ce départ. « Je suis fier de ce que j’ai pu accomplir dans un si petit espace de temps », a ajouté la princesse, qui a aussi fondé une chaîne de boutiques de mode en Arabie Saoudite.

Même dans le monde impitoyable des magazines du glamour et de la mode, ce départ est étonnamment rapide pour une femme très connue dans ces cercles et qui se félicitait d’avoir mis en Une du premier numéro de Vogue Arabia le mannequin américain Gigi Hadid, avec un voile incrusté de bijoux. Son successeur a travaillé pour le groupe Condé Nast International, la maison mère de Vogue, pendant plus de dix ans, et a supervisé en 2015 le lancement de la version orientale du magazine d’architecture « Architectural Digest ».

« L’équipe et moi-même sommes déterminés à travailler pour un Vogue Arabia qui sera la voix fière de la région, représentant la force et l’allure de la femme arabe », a déclaré Manuel Arnaut dans un communiqué. Vogue Arabia a lancé un site internet en arabe et en anglais l’année dernière et son édition papier en mars. Vogue Arabia est publié par Nervora en vertu d’un accord de licence avec Conde Nast International.

afp