Vingt ans déjà

Erna Hennicot-Schoepges / Le Jeudi a bien trouvé sa place parmi les organes de presse. On y trouve les commentaires de l’actualité politique, vus d’un autre œil, avec parfois des «non-dits», qu’on recherche en vain dans les quotidiens! Mais aussi la culture, avec sa place bien établie. Le recul et la vision qui permettent de dépasser le reportage et le commentaire, voire la critique des soirées de concerts et de théâtre. Un anniversaire, qui m’a appelée aussi à relire ce que j’ai écrit dans mes «feuilletons européens», suite à l’invitation généreuse de Danièle Fonck de m’accueillir au «Forum». Et bien sûr, le mot écrit ne se transforme plus, se lit à la lumière d’une actualité qui a dépassé ce qu’on a pu prétendre autrefois.

Ainsi, mon premier article du 7 octobre 2004 était un plaidoyer pour les négociations avec la Turquie. «N’ayez pas peur», en était le titre, et le rappel aux Européens que le changement devrait s’opérer en Turquie, où à cette époque 75% de la population était en faveur d’un rapprochement avec l’UE. C’était aussi un plaidoyer pour le respect des droits humains en Turquie… mais c’était bien avant l’accès au pouvoir des dirigeants actuels!

Ecrire chaque semaine un commentaire était une belle expérience pour moi et lorsque j’ai arrêté ma contribution, je l’ai fait sur l’arrière-fond de mon opinion qu’il fallait bien laisser la place à d’autres commentateurs. Non pas que je n’eusse plus rien à dire, non plus que je n’en eusse plus envie…

Mes félicitations à toute l’équipe du Jeudi, à tous les fidèles, et à celui qui trouve les «mots pour le dire» si bien que l’humilité de ne pas entièrement maîtriser la langue de Voltaire me fait taire.

Ad multos annos!