Le vent du changement /C’était 2017

Jacques Hillion / Le Brexit et la victoire de Trump avaient laissé craindre le pire pour 2017. Rien ne semblait alors pouvoir arrêter la montée du populisme et des partis d’extrême droite. Et pourtant, les élections qui se sont déroulées en France, aux Pays-Bas et en Allemagne se sont fait l’écho d’un sursaut démocratique et salvateur. L’année 2017 aurait ainsi pu se terminer, tout au moins en Europe, sur cette note d’espoir.

C’était sans compter sur l’Autriche et la victoire du fringant conservateur Sebastian Kurz. Lequel a préféré s’allier avec l’extrême droite du FPÖ – et faire entrer une demi-douzaine de ministres de ce parti au gouvernement – plutôt que de trouver un accord avec les sociaux-démocrates du SPÖ qui, pourtant, ont devancé le FPÖ.

En l’an 2000, en cette même Autriche, l’arrivée au gouvernement du FPÖ avait suscité l’indignation dans toute l’Europe.

Dix-sept ans plus tard, c’est un pesant silence qui accompagne cette victoire du populisme, et ce, alors même que Vienne assurera la présidence tournante du Conseil européen au second semestre 2018.

Il est vrai que les temps changent et que les discours, en Europe, se durcissent envers les migrants, sujet qui reste le fer de lance de tous les populismes et des droites extrêmes décomplexées.

L’Union européenne a ainsi repoussé la gestion des vagues migratoires hors de ses frontières. On n’a donc plus à s’émouvoir du cimetière qu’est devenue la Méditerranée et on peut ainsi tranquillement fermer les yeux sur ce qui se passe en Libye.

Une conjoncture économique mondiale plus favorable change également la donne. Après des années de crise, de privation et de pénitence, la confiance fait son retour et l’Europe pense de nouveau à un avenir en commun afin d’apporter plus de cohésion aussi bien au niveau de la zone euro que des Vingt-Sept. Avec sa maîtrise de la communication – sa campagne électorale menée de main de maître en est la preuve – et sa posture politique, Emmanuel Macron s’en veut l’artisan.

Face à une Angela Merkel qui peine à former un gouvernement, il est en tout cas largement plébiscité dans ce rôle par la presse internationale. Celle-ci scrute son action en France. Si ses réformes ne sont pas encore mises en œuvre ou, pour le moins, n’ont pas encore montré leurs effets, le président français a montré qu’il savait parfaitement jouer de ses annonces pour créer un climat favorable à la reprise économique en France ou avancer sur la voie de la réforme en Europe. Cela sera-t-il suffisant? 2018 devrait apporter la réponse.