Usages en voie de disparition

Florence Becanne /Monnaies et médailles au Musée national d’histoire et d’art (MNHA)*

La numismatique était déjà visible au MNHA. Disséminée au sein de la collection archéologique, elle a désormais gagné des galons et se concentre dans un nouveau parcours intitulé «Cabinet des Médailles».

C’est au monarque français Louis XIV et à ses inclinations immodérées pour les belles choses que l’on doit l’engouement pour les cabinets de médailles, qui viennent alors détrôner les cabinets des curiosités. Dans lesdites collections, dont celle du Musée national d’histoire et d’art, la seule collection numismatique recensée au Grand-Duché, on y trouve principalement des monnaies antiques. Accumulées au gré des nombreuses fouilles archéologiques, données ou achetées.

Quoique riche de quelque 200.000 objets, le MNHA a pris le parti de n’en exposer qu’une infime partie, 1.600, privilégiant une approche qualitative et thématique. Dans la récemment rénovée Aile Wiltheim et mise en valeur par une scénographie digne d’un grand musée parisien.

Une exposition belle donc et qui interroge l’économie et son passé-présent-futur.

A l’heure de l’euro et d’une uniformisation monétaire induite, des cartes bancaires, simples rectangles de plastique ou une dématérialisation galopante de l’argent, et des bitcoins virtuels, une telle exposition vient-elle sonner le glas de pratiques en cours depuis l’Antiquité?

 

Fin programmée des espèces sonnantes et trébuchantes?

En vrac et en guise d’amuse-bouches, on aime redécouvrir des monnaies disparues: couronnes, deniers, écus, florins, francs, liards, marks, sols, sous, etc., qu’elles soient en argent, en billon, en bronze, en cuivre, en or ou en potin. Des bagues serties de pierres semi-précieuses finement gravées qui servaient de sceaux. Les almanachs qui recensaient toutes les monnaies nationales et étrangères en circulation, poids et alliages respectifs inclus, la meilleure garantie d’alors pour procéder aux nombreux changes de la vie quotidienne et éviter de se faire abuser par des faux-monnayeurs ou autres roublards.

La peinture du XVIe siècle de Marinus van Reymerswaele intitulée Le Changeur dont les portraiturés respirent tout sauf la bonhomie. Les médailles, présentées dans toutes leurs étapes de fabrication, du projet au produit fini, que ce soient celles sculptées par de grands noms luxembourgeois, tels Claus Cito, le père de la «Gëlle Fra», ou Auguste Trémont, le premier artiste avec le peintre Joseph Kutter à avoir représenté le Grand-Duché à la Biennale de Venise, ou celles gagnées par les rosiéristes Gemen & Bourg. Le nombre impressionnant de décorations décernées à Joseph Bech (1887-1975), considéré comme l’un des Pères de l’Europe.

Musée national d’histoire et d’art, Marché-aux-Poissons, Luxembourg.

Ouvert du mardi au dimanche de 10.00 à 18.00h et le jeudi de 10.00 à 20.00h.

Infos tél.: 47.93.301 et www.mnha.lu

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