Un nouvel Etat – « Malorossia » destiné à remplacer l’Ukraine

Les autorités de l’Est de l’Ukraine, opposées au pouvoir de Kiev, ont annoncé mardi vouloir créer un nouvel Etat destiné à remplacer l’Ukraine, qui aurait sa capitale dans les régions sous leur contrôle.

D’après le projet ce nouveau pays  serait formé à la suite d’un référendum organisé dans toute l’Ukraine et baptisé « Malorossia » (Petite Russie), un terme qui désignait à l’époque tsariste des territoires correspondant en gros à l’Ukraine moderne. Il engloberait l’Ukraine actuelle à l’exception de la Crimée, annexée en mars 2014 par la Russie, et sa capitale serait Donetsk, l’un des bastions des séparatistes, tandis que Kiev n’aurait que le statut de « centre historique et culturel ».

Une Constitution du futur Etat a été présentée mardi par le dirigeant de la « république » rebelle de Donetsk (DNR), Alexandre Zakhartchenko. Publiée par l’agence de presse des séparatistes, celle-ci assure que des représentants des républiques unilatéralement proclamées de Donetsk et de Lougansk ainsi que de 19 régions ukrainiennes sont tombés d’accord pour « annoncer l’instauration d’un nouvel Etat, qui sera l’héritier de l’Ukraine ».
Cette annonce surprise a pourtant pris de court la « république » de Lougansk (LNR). Le service de presse du dirigeant de la LNR Igor Plotnitski a souligné que ce dernier n’avait pas été consulté sur ce projet.
Sur Twitter, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a tourné en dérision ce « spectacle de foire (…) des marionnettes du Kremlin ».

« Cette annonce est en mesure de bloquer le processus de négociations », a déclaré à la chaîne de télévision 112.Ukraïna Evguéni Martchouk, un émissaire de Kiev dans les pourparlers de paix avec les rebelles. La France, l’un des garants des accords de paix, a appelé de son côté « la Russie à dénoncer ce fait accompli, qui est une violation des accords de Minsk » et qui « trahit l’esprit des négociations ». « Les accords de Minsk (…) sont le seul cadre reconnu par l’ensemble des parties pour parvenir à la résolution pacifique et durable de la crise », a fait savoir le Quai d’Orsay dans un communiqué.

afp