Un fauteuil pour six!

Le vainqueur du trophée sera dévoilé ce 2 décembre lors d'une soirée de gala à Mondorf
Le vainqueur du trophée sera dévoilé ce 2 décembre lors d'une soirée de gala à Mondorf
Le vainqueur du trophée sera dévoilé ce 2 décembre lors d’une soirée de gala à Mondorf

Zoom sur les six finalistes du concours de l’entrepreneur de l’année organisé par EY.

Entrepreneurs modèles ou modèles d’entrepreneurs? Les six concurrents ont tous un parcours exceptionnel. La question est de savoir s’ils seront une source d’inspiration pour les jeunes générations.

Une récompense de plus?

Ce n’est pas vraiment l’objectif poursuivi par EY Luxembourg. L’idée maîtresse qui prévaut à l’organisation du concours, c’est certes de récompenser l’esprit d’entrepreneuriat, mais aussi, surtout, de mettre en avant des modèles capables de susciter une adhésion vis-à-vis des jeunes générations et de les inciter à se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat (voir par ailleurs en page 15 de l’édition du 14 novembre du Jeudi).

Yves Even, associé chez EY en charge de ce programme, et Robert Dennewald, président de la Fedil et du jury, sont à l’unisson: «Le pays a besoin de gens qui prennent des risques.»

«Si la participation à ce concours permet de révéler des personnalités exceptionnelles, qui brillent par leur talent et leur audace, elle permet avant tout de vivre une aventure humaine incroyable, autant individuelle que collective, mettant en valeur les facteurs clés du succès et du potentiel futur des entreprises, augmentant par là même leur visibilité, tout en les faisant bénéficier d’une forte médiatisation», renchérit Alain Kinsch, managing partner d’EY Luxembourg.

Ces modèles, le jury en a retenu six: Ada et Olivier Amengual, René Elvinger, Norbert Friob, Ferdinand Hein et Pierre Thein, René Grosbusch et Christiane Wickler. Tous se distinguent par leur esprit d’entrepreneuriat et d’innovation, une stratégie de développement ingénieuse, d’excellentes performances financières ainsi qu’une gestion pertinente de leurs ressources humaines et de leur organisation.

Tous incarnent également des valeurs qui leur sont propres. Citons pêle-mêle l’entreprise au cœur du couple, le courage d’entreprendre à l’heure de la retraite, le choix de l’innovation pour la conquête de marchés à l’exportation, la réussite ailleurs que dans la finance, le prêche par l’exemple ou l’importance de l’entreprise familiale.

[cleeng_content id= »186899900″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Lors de la dernière édition, le jury avait distingué l’industrie. Quel thème aura-t-il choisi de mettre en avant cette année?

Mystère.

Mais quel que soit son choix, cela n’enlève rien à la qualité des dossiers et au mérite des candidats.

Connaissance et reconnaissance

Pour le vainqueur, qui sera connu ce 2 décembre, la victoire sera synonyme de reconnaissance. Une reconnaissance qui, si elle n’apporte pas forcément de nouveaux clients, fait du bien au moral du vainqueur, qui peut voir son image, ainsi que celle de son entreprise, évoluer. Quant aux salariés, ils voient dans la récompense une reconnaissance de leur travail. C’est ce qu’en a retenu le premier vainqueur de l’édition luxembourgeoise, Nicolas Buck, primé en 2004.

Last, but not least, le vainqueur portera les couleurs du Grand-Duché lors de la compétition mondiale, aux côtés des lauréats des autres pays participants, qui aura lieu à Monte-Carlo en juin 2014. Compétition qu’aucun Luxembourgeois n’a encore gagnée.

«Et ça, c’est ce qui m’a le plus intéressé dans l’aventure», confie Nicolas Buck. «On peut juger du niveau de ce qui se fait ailleurs.»

Marc Fassone

 

Parcours

Ada et Olivier Amengual sont aux commandes de la société Aero (pour Automobiles européennes récentes d’occasion), spécialiste du négoce automobile. Cette centrale d’achats opérant sur plusieurs pays européens a été lancée en 1997 par Olivier Amengual, diplômé de l’école de Commerce INSEEC de Bordeaux et qui a fait ses premières armes en créant en 1993, sur le même créneau, la société TDS Belgique.

L’aventure Aero est vite couronnée de succès. La société réalise un chiffre d’affaires de 107 millions d’euros en 2012. Et elle a ouvert des succursales en Espagne (Aero Spain en 2008) et en Allemagne (Procar Remarketing à Sarrebruck en 2011). Dernier projet en date, l’ouverture d’une concession Honda au centre de Luxembourg ainsi que la reprise d’une concession de la même marque à Foetz en 2013.

Olivier est rejoint par celle qui deviendra sa femme, Ada, en 2005. Cette Luxembourgeoise d’origine allemande devient administrateur délégué de la société. Ensemble, ils espèrent saisir l’opportunité offerte par le concours pour mener à bien leur projet d’expansion et se faire connaître. Leur candidature est également motivée par leur attachement à l’idée de projet de couple. Ils veulent prouver que la dynamique de l’entrepreneuriat peut s’y développer aisément.

«Pouvoir démontrer que l’on peut être entrepreneur (luxembourgeois) au Luxembourg sans être banquier ou financier», c’est la raison que met en avant René Grosbusch pour justifier sa candidature.

Il a créé en 1978, à l’âge de 24 ans, Marcel Grosbusch et fils à partir d’un stand familial de fruits et légumes sur le marché de Luxembourg-ville. Stand qui est devenu une entreprise qui emploie 130 personnes et qui est active dans toute la Grande Région. Aujourd’hui, avec sa fille, la quatrième génération fait son entrée dans l’entreprise.

Rien ne prédestinait René Grosbusch à suivre cette voie. Il a démarré sa carrière en mars 1972 au département financier de General Motors avec, comme seul bagage, un baccalauréat professionnel en commerce et gestion. Il a depuis décroché un diplôme en management d’entreprise auprès de HEC Liège. Il est également actif dans la promotion de l’entrepreneuriat via sa participation en tant que mentor dans le programme «Business mentoring» de la Chambre de commerce.

Ferdinand Hein et Pierre Thein, présidents à la tête des Fours Hein, entreprise qui produit des fours de boulangerie et de pâtisserie et qui est le numéro quatre mondial dans son secteur et réalise 99% de son activité à l’exportation. Cette entreprise familiale, qui affiche 130 ans et dont la cinquième génération est désormais aux manettes, joue à fond la carte de l’innovation et de la recherche. Ils se sont dernièrement lancés sur la niche du froid de boulangerie.

Ferdinand Hein et Pierre Thein travaillent de concert sur la recherche et le développement, tout en gardant des responsabilités et des zones d’implantation spécifiques. Pour eux, l’innovation, dans le produit ou dans le marketing, est un facteur clef de succès, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Et le concours leur donne une occasion en or de faire valoir ce point de vue. L’occasion également d’illustrer la réussite d’une gestion bicéphale, gestion qui n’est pas si courante que cela.

Norbert Friob, Belge d’origine, né en 1941 et devenu luxembourgeois en 1984, pourrait à lui seul personnaliser la notion d’entrepreneur, tant dans sa vie professionnelle que dans son engagement pour transmettre aux autres, et notamment aux plus jeunes, la passion de l’entrepreneuriat.

Côté carrière, il a à son actif la création de Préfalux en 1972, qui donnera naissance au groupe FNP. On lui doit le lancement en 1989 d’Euromat, un groupement européen de négociants en matériaux. Et il reste connu dans le public pour ses ouvrages Parlons commerce et (Re)parlons commerce.

Côté engagement, il a fait 30 années durant de la promotion de l’esprit d’entreprise à tous les niveaux de l’enseignement et dans les organisations professionnelles nationales et régionales sa croisade.

Le concours de l’entrepreneur de l’année disposant d’une tribune exceptionnelle, Norbert Friob, sur base de son parcours d’entrepreneur et de ses actions, a décidé de déposer sa candidature pour passer un message positif: s’indigner c’est bien, s’engager c’est mieux.

René Elvinger, Luxembourgeois né en 1951, a étudié les sciences économiques à l’Université de Strasbourg et commencé sa carrière au sein du département finance de Goodyear Luxembourg en 1974. Deux ans plus tard, il rejoint la toute nouvelle société Elth, qui sera la pierre angulaire du groupe Cebi. Il devient administrateur délégué de Elth en 1985 et en fera un poids lourd du secteur de la construction de produits du secteur automobile ainsi que des secteurs de l’électroménager, industriel et résidentiel.

Cebi est même l’un des leaders mondiaux des pompes et systèmes de lavage (lave-glaces, lave-phares) et est le leader européen sur le marché des sondes de température.

En 2010, il est promu par l’actionnaire CEO du groupe Cebi. Et lui propose l’année suivante de racheter toutes les sociétés de ce groupe via un MBO (management buy-out). Cebi a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 354,5 millions d’euros et compte 2.600 collaborateurs dans le monde entier.

René Elvinger, membre de la Fedil, de l’ILEA et du Haut comité pour le soutien, le développement et la promotion de l’industrie, est un fervent défenseur de l’attractivité du Grand-Duché de Luxembourg dans la production industrielle.

Sa candidature est le moyen pour lui de clamer haut et fort que la finance n’est pas le seul atout du Luxembourg et que la production industrielle est un secteur clef qu’il convient de promouvoir.

Année chargée pour Christiane Wickler, qui s’est lancée en politique sous la bannière déi Gréng, sans renoncer à ses activités de chef d’entreprise, ni à ses mandats, dont celui de la présidence de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise et d’administratrice de la Chambre luxembourgeoise du commerce.

Pas de coup de pompe, donc, pour celle qui a su, à partir d’une station-service à Oberpallen, créer un groupe transfrontalier employant 300 personnes et dont les Pall Center sont l’emblème le plus connu mais pas le seul joyau.

Ses credo: développer un commerce régional proche des gens et promouvoir auprès du public et des instances politiques l’entreprise familiale.

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