Un anniversaire raté / Pourquoi pas?

Aujourd’hui, cela fait trois ans jour pour jour que le Luxembourg a eu son dernier référendum avec le résultat que chacun connaît. Un verdict plus que clair, une défaite cuisante pour le gouvernement qui voulait en faire un vote sur l’avenir de notre société. Ainsi, le soir du scrutin était l’occasion «pour la société luxembourgeoise de se regarder dans le miroir». Mais quelles sont les conclusions à en tirer, les leçons à apprendre?

Depuis, l’enthousiasme pour organiser un nouveau référendum est bien moindre.

Dans l’après-référendum, le gouvernement a fait comme si cette sanction n’était qu’un accident de parcours. Après le référendum, le gouvernement s’est félicité du large débat dans la société. Cependant, force est de constater que pour mener un débat, il faut un dialogue.

Le miroir ne montrait pas des débats, mais plutôt des monologues. Et plus l’un insistait, plus l’autre persistait pour s’opposer. Il faut veiller à ne pas sacrifier la cohésion sociale et toujours travailler à la recherche du consensus le plus large possible, surtout en matière d’intégration.

Un des résultats du référendum est que, aujourd’hui, la société luxembourgeoise est plus divisée qu’avant les discussions, surtout en ce qui concerne la question du droit de vote des étrangers.

Au lieu d’une discussion bien préparée et digne de ce nom, le débat a été bâclé en 2015 et nuit depuis fortement à la cohésion sociale.

L’introduction de la double nationalité en 2008 aurait bien pu servir de modèle à la question, où les solutions à la luxembourgeoise ont permis de trouver un consensus dans l’intérêt et accepté de tous, surtout en ce qui concerne une matière aussi sensible que celle de la participation des non-Luxembourgeois à la vie politique luxembourgeoise.

Mais dans le cas présent, il semblerait que diviser pour mieux gouverner ait été la méthode privilégiée par le gouvernement actuel.

La nouvelle loi sur la nationalité dans la suite et sous l’effet du référendum a été à nouveau le fruit d’un consensus à la luxembourgeoise. Et pourtant, aujourd’hui, presque tous les partis se livrent à une surenchère pour promouvoir la langue luxembourgeoise!

Cette approche du diviser pour mieux gouverner s’applique aussi à d’autres sujets. Les mesures au sujet des mères ayant décidé de rester volontairement à la maison pour s’occuper de leurs enfants en bas âge et les décisions en matière de séparation entre l’Eglise et l’Etat, et notamment celle d’enlever le choix aux élèves d’opter pour un cours d’instruction religieuse ou non, ont notamment fortement divisé la population luxembourgeoise.

Par le passé, la cohésion sociale, c’est-à-dire la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, a été l’un des nombreux atouts du Luxembourg. Il faut veiller à ne pas la sacrifier sur l’autel du populisme et toujours travailler à la recherche du consensus le plus large possible.

Maurice Bauer