Ukraine: vers une prolongation des sanctions économiques de l’UE contre Moscou

La cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a déploré lundi à Luxembourg l’absence de progrès dans la mise en oeuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine, condition pour la levée des sanctions économiques de l’UE.

Les dirigeants de l’UE doivent décider jeudi lors d’un sommet à Bruxelles s’ils prolongent ces lourdes sanctions économiques imposées en 2014, auxquelles Moscou a répliqué avec un embargo sur les produits alimentaires occidentaux. « Ce n’est pas un mystère.

La levée des sanctions est liée à la mise en oeuvre des accords de Minsk. Or on ne voit aucun résultat, malheureusement », a déclaré Mme Mogherini au cours d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE. « Les sanctions ne sont pas un but en soi. Elles sont un instrument, pas un objectif », a-t-elle insisté.

Ces sanctions touchent des banques, des entreprises de défense et des compagnies pétrolières russes, et interdisent aux Européens les investissements financiers en Russie. Ces sanctions ont été décidées à l’été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l’annexion de la Crimée par la Russie, suivie par l’offensive de rebelles pro-russes dans l’est de l’Ukraine.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes, notamment en leur fournissant des armes, ce que Moscou dément.

L’UE a par ailleurs imposé des sanctions à près de 150 personnalités, dont des proches du président russe Vladimir Poutine, inscrits sur sa « liste noire ».

Leurs avoirs détenus par des banques européennes sont gelés et elles sont privées de visas pour l’UE. Ces lourdes sanctions empoisonnent les relations entre Bruxelles et Moscou. Le nouveau gouvernement populiste italien, constitué par la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 Etoiles (anti-système), demande leur abandon.