UE/ Dijsselbloem se retire de la vie politique néerlandaise

Le ministre démissionnaire des Finances néerlandais Jeroen Dijsselbloem a fait savoir au Parlement mercredi qu’il allait se retirer de la vie politique après avoir annoncé plus tôt cette semaine qu’il quitterait la présidence de l’Eurogroupe en janvier.

« Je quitte la politique néerlandaise », a déclaré le travailliste dans une lettre adressée à la présidente de la chambre basse du Parlement, indiquant qu’il n’avait plus la « force » ni la « flamme » dont son parti a besoin pour incarner l’opposition.

Le ministre néerlandais des Finances avait déjà annoncé lundi qu’il quitterait la présidence de l’Eurogroupe en janvier, laissant vacant l’un des postes les plus importants de la zone euro.

M. Dijsselbloem préside depuis 2013 les réunions des ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, mais il s’apprête à perdre son poste de ministre après la débâcle de son parti lors des dernières élections législatives néerlandaises en mars. Son parti travailliste (PvdA), deuxième force dans le Parlement sortant, avait essuyé une défaite sans précédent, passant de 38 députés à 9 seulement. « Mon parti doit aller de l’avant et pour cela, il a besoin de neuf canons. Je suis maintenant arrivé à la conclusion que dans ce rôle, à ce stade, je n’ai pas la puissance de feu » nécessaire, a-t-il expliqué, soulignant que ce départ, prévu pour le 25 octobre, lui « pesait lourd ». « Je ne peux regarder en arrière qu’avec gratitude pour plus de douze ans dans le Parlement et près de cinq ans de ministère », a-t-il poursuivi, « reconnaissant avoir eu la chance de représenter les Pays-Bas à l’étranger ».

Pour Lodewijk Asscher, vice-Premier ministre sortant et leader du PvdA, ce retrait de la vie politique d’un « dirigeant impressionnant » se traduira en un « énorme manque ».

M. Asscher devra donc se passer dans les bancs de l’opposition de ce « collègue très gentil, chaleureux » mais à la « discipline de fer » alors que les Pays-Bas s’apprêtent à accueillir un nouveau gouvernement de coalition. En effet, les quatre partis néerlandais engagés dans les plus longues négociations de l’histoire du pays pour former un gouvernement ont officiellement dévoilé mardi l’accord « ambitieux et équilibré » qu’ils ont scellé, sept mois après les élections législatives.