UE: 1 milliard d’euros pour faciliter l’accès au crédit des jeunes agriculteurs

La Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont lancé lundi un programme conjoint pour financer des prêts aux jeunes agriculteurs à hauteur d’un milliard d’euros, selon un communiqué de l’exécutif européen.

Ce programme, entièrement financé par la BEI, devrait être complété par les banques participantes au sein de chaque Etat membre, portant potentiellement le montant total disponible à 2 milliards d’euros.

Un peu plus d’un quart des demandes de prêt déposées par les jeunes agriculteurs dans l’UE est rejetée (27%), contre un taux de 9% pour les agriculteurs, déplore la Commission qui s’inquiète plus généralement du renouvellement des générations dans le monde agricole. Selon la législation européenne, un « jeune agriculteur » a moins de 40 ans.

Cette catégorie représentait 11% des 10,3 millions d’agriculteurs en 2016, selon les chiffres d’Eurostat (et 32% avaient plus de 65 ans).

Les jeunes agriculteurs sont particulièrement rares à Chypre (3,3%), au Portugal (4,2%) et au Royaume-Uni (5,3%) mais sont plus présents en Autriche (22,2%), en Pologne (20,3%) et en Slovaquie (19,0%).

En France, ils représentent 15,6% de la population des agriculteurs.

« C’est un problème majeur que de mettre entre les mains des jeunes agriculteurs des prêts à long terme à des taux d’intérêt raisonnables », a souligné Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, auprès de journalistes. « L’accès à la finance est crucial et trop souvent un obstacle pour les jeunes gens qui veulent rejoindre la profession », affirme-t-il dans le communiqué. L’initiative conjointe portera sur des prêts à 15 ans, à des taux « inférieurs à ceux du marché », a expliqué le commissaire. Deux prêts pilotes à hauteur de 275 millions d’euros sont sur le point d’être lancés en France. La nouvelle initiative s’inspire par ailleurs de prêts effectués dans le secteur laitier. L’idée est de proposer des délais jusqu’à 5 ans avant de commencer le remboursement du prêt, et d’offrir de la flexibilité, par exemple une période de pause, de quelques mois, dans les remboursements en cas de difficultés. « Avec cette nouvelle initiative, la BEI regarde vers l’avenir du secteur et répond à une importante lacune du marché: le manque d’accès à la finance pour les agriculteurs, en particulier la prochaine génération d’agriculteurs », souligne Andrew McDowell, vice-président de la BEI en charge de l’agriculture, cité dans le communiqué.

Ces projets et les statistiques de rejets de prêts ont montré qu’il y avait une vraie « lacune » dans le domaine des crédits bancaires pour les jeunes agriculteurs, assène M. Hogan. L’initiative peut commencer « immédiatement », selon lui, « dans les deux mois les banques peuvent offrir ce type de produit ».