Trois syndicats, une même rage

490_0008_14038120_20141120_if_syndicats12C’est une première, comme n’a pas manqué de relever le secrétaire général de la fonction publique, Romain Wolff, qui a pris la parole en premier devant une assemblée de plus de 600 militants des trois grands syndicats du Grand-Duché.

L’OGB-L, la CGFP et le LCGB se sont réunis jeudi soir à l’Alvisse Parc Hôtel de Dommeldange pour mettre en garde le gouvernement. Les syndicats n’acceptent pas les mesures d’économies présentées dans le projet de budget 2015 et dans le paquet d’avenir, ni dans le fond, ni dans la forme.

Dans le fond, parce que la politique d’austérité annoncée pèse à nouveau sur les épaules des salariés, des fonctionnaires et employés publics et retraités qui ont un revenu moyen, voire faible, alors que les gros revenus sont largement épargnés et que les revenus du capital ne sont pas touchés, pas plus que les profits des entreprises.

Au lieu de payer très cher des sociétés de conseil, le gouvernement aurait mieux fait de consulter ses propres fonctionnaires, a poursuivi Romain Wolff. La réforme fiscale annoncée pour 2016/17 arrivera trop tard et le déséquilibre dans la contribution au financement de l’Etat est déjà flagrant. D’ores et déjà, les salariés assument 70 % de la charge fiscale, alors que les entreprises ne contribuent qu’à hauteur de 30 %.

 9 octobre ou 16 mai ?

Pour le président du LCGB, Patrick Dury, la politique du gouvernement est carrément « antisociale » et manque de cohérence. Il a pointé du doigt la politique familiale, qui accentue le problème démographique du pays et le renforcement du contrôle médical, assimilé à une chasse aux sorcières contre les malades pour faire baisser à tout prix le taux d’absentéisme dans les entreprises.

Dury n’a pas hésité à rappeler le 9 octobre 1973, quand une grève générale avait précipité un changement de gouvernement.

Jean-Claude Reding, a préféré invoquer le 16 mai 2009 et la manifestation syndicale fleuve contre les premières mesures d’austérité suite à la crise économique et financière.

Car ce qui blesse, outre les mesures annoncées, dénoncées dans une résolution commune (document joint), c’est le «zéro dialogue » qui choque le président de l’OGB-L, qui n’hésite pas à parler d’attaque sur le système social.

Jean-Claude Reding a remis en cause la nécessité des mesures d’économie, alors que la dette publique est l’une des plus basse d’Europe et que le budget a affiché deux fois un déficit et quatre fois un excédent ces dernières années.

Tant que la politique familiale n’affiche pas de concept clair (réduction des allocations familiales, contribution de 0,5%, structures d’accueil bilingues et gratuites…), le syndicaliste refuse toute nouvelle contribution sociale.

Les syndicats appellent le gouvernement à prendre en compte leurs positions et à modifier les projets législatif dans ce sens pour enfin restaurer un véritable dialogue social.

Si le gouvernement devait s’entêter, les syndicats n’hésiteraient pas à mobiliser leurs membres et à battre le pavé, préviennent Reding, Wolff et Dury.

Ils pourront le dire de vive voix lundi au Premier ministre, qui les a conviés à une entrevue.

 

Laurence Harf