Trois en un!

Dominique Vaelschaert est aux manettes du projet Fundsquare (Photo: Isabella Finzi)
Dominique Vaelschaert est aux manettes du projet Fundsquare (Photo: Isabella Finzi)
Dominique Vaelschaert est aux manettes du projet Fundsquare (Photo: Isabella Finzi)

La Bourse de Luxembourg lance une nouvelle infrastructure de marché.

Fundsquare offre à l’industrie des fonds une plate-forme regroupant des services de traitement des ordres, d’information et de reporting.

Depuis le 1er juillet, Fundsquare, la nouvelle filiale de la Bourse de Luxembourg, est opérationnelle.

Il n’aura fallu que 14 mois pour que cet ambitieux projet voit le jour, pour la plus grande satisfaction de Dominique Valschaerts, membre du comité exécutif de la Bourse de Luxembourg, CEO de Finesti – autre filiale de la Bourse – et responsable du projet.

Un projet qui est parti d’un constat: «Les fonds d’investissement sont des produits financiers dont la distribution répond à des modalités particulières.

Pour atteindre son client final, le promoteur d’un fonds passe par des intermédiaires, un distributeur qui lui-même doit s’appuyer sur un agent de transfert qui tient le registre du fonds et assure le traitement et le suivi des ordres.

[cleeng_content id= »897693907″ description= »Pour lire la suite de cet article, vous avez la possibilité de l\’acheter à l\’unité ou via un abonnement » price= »0.49″ t= »article »]Pour que tout cela fonctionne, il faut faire le lien entre distributeurs et agents de transfert. Un lien qui actuellement se fait soit par voie manuelle, soit pas voie de fax, soit par voie électronique.

Tout cela entraîne une vraie complexité opérationnelle qui va de pair avec la complexification des produits qui entraînent que les distributeurs doivent avoir accès à beaucoup d’informations pour promouvoir les fonds.»

Fundsquare est la réponse – qui se veut simple – à ces questions complexes que sont la multiplication des liens entre distributeurs et agents de transfert ainsi que la mise à disposition d’une information complète pour les distributeurs et les investisseurs.

La Bourse de Luxembourg a mis sur pied une plate-forme modulable. Le premier de ces modules est relatif au traitement des ordres (le «routing»).

La Bourse s’est appuyée sur un partenaire bien connu dans le monde bancaire, Swift. L’entreprise, dont le métier est de faciliter l’échange de messages entre toutes les banques de la planète, va fournir l’infrastructure nécessaire au traitement des ordres. En se basant sur le standard universel qu’est devenu Swift.

Exit Finesti

Le deuxième module – c’est-à-dire la mise à disposition d’informations ainsi que le reporting envers les autorités prudentielles via e-file.lu– est fourni par Finesti, la filiale dédiée de la Bourse de Luxembourg, ex-CCLux (Centrale de communications Luxembourg). Le troisième module, l’interface utilisateur, a été conçu par la société Altus.

Les derniers mois ont été consacrés à l’intégration des infrastructures de Finesti dans Fundsquare.

34 personnes de la Bourse ont rejoint Fundsquare qui avait déjà un staff de 10 personnes au départ. Lorsque tout sera achevé, Finesti disparaîtra et ses services seront offerts directement via Fundsquare.

«Fundsquare est une infrastructure de marché unique qui va permettre à la Place de répondre aux nécessités imposées par l’évolution de la distribution transfrontalière des fonds ces dix dernières années», récapitule Dominique Valschaerts.

«Ici, il s’est agi de combler une innefficience de l’industrie en termes d’automatisation et de standardisation. Pour nous, il est important que le Luxembourg fasse œuvre de pionnier. Vue notre position en matière de distribution, il était logique que l’on prenne l’initiative d’innover en ce domaine.»

Fundsquare s’adresse d’abord aux principaux marchés européens ainsi qu’aux Etats-Unis. Sur ce dernier marché, Fundsquare a de réels arguments à faire valoir. Si le marché américain est plus avancé en matière d’automatisation et de standardisation des ordres, sa plate-forme est avant tout domestique, basée sur une technologie propriétaire et ne fonctionne qu’en dollars.

«Notre plate-forme est internationale universelle, car basée sur Swift et fonctionne dans toutes les monnaies.»

Mais Dominique Valschaerts vise avant tout l’Asie.

«Début 2010, 35% des flux de transaction des fonds venaient d’Asie. On était à 0% en 2000. Les années 2009 et 2010 ont vu des taux de progression de 59%. Et 57% de ces ordres sont manuels»

Pour lancer le projet, la Bourse – actionnaire à 100% de Fundsquare – s’est entourée d’acteurs clés de l’industrie. A terme, et tout en gardant le contrôle, elle pourrait ouvrir le capital à ceux de ces acteurs qui souhaiteraient davantage s’impliquer.

Marc Fassone[/cleeng_content]