Un toit au-dessus des fintech

La LHoFT pourra abriter jusqu’à 40 start-up spécialisées dans la technologie de la finance.

Au printemps, la LHoFT (Maison luxembourgeoise pour les technologies de la finance) déménage.

La finance est puissante, mais reste un secteur hautement vulnérable. D’autant plus fragile d’ailleurs que les nouvelles technologies progressent à vive allure. Aussi, depuis quelques années seulement, le domaine des fintech connaît une croissance considérable. Et si les grands groupes se forgent des boucliers et des outils sécurisés, c’est d’un bon œil qu’ils voient se multiplier les start-up dédiées à la technologie de la finance.

Place financière majeure, le Luxembourg ne pouvait échapper au phénomène. Mieux, le pays a choisi de se doter d’un outil permettant la croissance de cette fintech. Ainsi, en 2017, est née la LHoFT, Luxembourg House of Fin Tech. Et c’est Nasir Zubaïri qui détient les clés de la maison… Un CEO tout heureux de son prochain déménagement d’ailleurs.

Il est vrai qu’en intégrant Le Dôme (8, rue du Laboratoire à la capitale), la LHoFT va disposer de locaux dignes de sa mission. «Nous disposerons de 23 bureaux, de vastes open-spaces qui devraient nous permettre de pouvoir abriter jusqu’à 40 start-up», souligne le responsable. Autant de «jeunes pousses» pour qui la maison servira d’incubateur, ou de point de rencontre avec les cabinets de consulting, de gestion de fonds de capital-risque ou de banques à l’écoute des innovations proposées par ces microsociétés.

«L’idée est d’avoir à portée de la Place, juste à côté des centres névralgiques de la finance, la matière grise qui trouvera des solutions ingénieuses aussi bien dans les domaines des fundtech (fonds), regtech (réglementation), insurtech (assurance), AI (intelligence artificielle), financial inclusion (services financiers ou bancaires de base à faible coût pour personnes en difficulté) et autre blockchain (monnaies virtuelles).» Des secteurs que certains mastodontes de la finance peinent à maîtriser en interne.

Née d’une initiative public-privé, la LHoFT bénéficie d’un budget de près de 2 millions d’euros pour sa 1ère année. «Nous comptons treize partenaires privés. Mais plus nous en aurons, plus nous serons efficace», encourage Nasir Zubaïri. Et plus la «Maison» attirera aussi de nouvelles têtes pensantes…

«On peut déjà se satisfaire de notre lancement, qui date d’il y a moins d’un an. La LHoFT accueille déjà des start-up originaires de Chine, Japon, Finlande, Russie, France et Grand-Duché bien sûr.» Et même une firme du Kenya.
«Pour les fintech, l’Afrique est d’ailleurs un continent de grandes opportunités. On peut arriver avec les avancées technologiques dans le domaine
de la finance, nous pouvons impacter ce territoire et ses populations facilement et de
façon bénéfique. Notam-
ment grâce à la financial inclusion», espère le CEO.

En attendant d’entrer dans ses nouveaux murs, la LHoFT fait parler d’elle au-dehors. Ainsi, plusieurs «habitants» de la Maison sont allés parler de l’expérience luxembourgeoise, cette semaine, au Paris Fintech Forum. Une occasion pour Bitflyer et BitPesa, par exemple, d’être sous les feux des projecteurs internationaux.

www.lhoft.com

L’Afrique, un continent qui offre de grandes opportunités.