La tête dans le nuage / Les ambitions de System Solutions

Marc Fassone / Fort de résultats annuels en nette progression (+20% en matière de chiffre d’affaires à 23 millions d’euros), le spécialiste de la gestion d’infrastructures IT poursuit son développement au Luxembourg, en France et en Belgique. «Nous croissons plus vite que le marché», se réjouit Robert Roux, le fondateur, actionnaire et General manager du groupe.

L’entreprise a été fondée en 1996. En vingt et une années d’existence, elle sera passée du stade de société de revente de matériel informatique à celui d’entreprise orientée «solutions». Et au stage de groupe avec l’ouverture d’une filiale française en 2005 et d’une filiale belge en 2010, l’activité étant chapeauté par une holding de tête, System Solutions Group, créée en 2004.

Aujourd’hui, les activités cloud et managed services – comprendre les activités d’outsourcing – représentent 70% de l’activité.

Un glissement qu’ont connu toutes les firmes IT de la Place et dont la vitesse s’accentue souligne Robert Roux: «L’industrie a assisté ces dernières années à une transformation plus rapide et plus violente que la normale dans l’informatique. Internet, les nouvelles technologies de communication ainsi que la mise à disposition du public de dispositifs performants et accessibles ont entraîné pour nous de nouvelles possibilités et de nouveaux métiers».

Si System Solutions entend rester un intégrateur, Robert Roux est conscient que c’est dans l’outsourcing et le cloud que se trouve la croissance de demain. De fait, l’entreprise mise beaucoup sur une approche «cloud hybride», promue comme axe stratégique de développement. L’idée est de proposer aux clients des solutions à la carte combinant hébergement sur site, cloud privé et cloud public. L’entreprise dispose d’un agrément PSF depuis 2008. La réforme dudit statut dans le sens d’une ouverture plus grande de l’outsourcing à des acteurs non agréés et/ou installés hors des frontières du Grand-Duché va constituer un nouveau défi à relever.

Devenir PSF a été un plus pour l’entreprise selon son General manager. «Cela a été structurant pour notre gestion.» Mais avec la réforme du statut des PSF de supports, le jeu en vaut-il encore la chandelle? Car le statut de PSF présente souvent un coût et des contraintes élevés.

«Il est encore trop tôt pour évaluer l’impact qu’aura une réforme dont les premiers éléments concrets viennent juste de nous être communiqués.
Il reste encore trop de zones d’ombre pour pouvoir prédire la manière dont va évoluer le marché. Mais pour moi, il y aura toujours de la place et une plus-value pour les PSF luxembourgeois. La notion de PSF a toujours un sens
pour une entreprise régulée»

Pas question pour lui de remettre en cause une réforme qu’il jugeait inévitable. «Il était logique que la CSSF donne du mou, le Luxembourg ne peut aller contre le marché.»

«A nous de trouver notre place», estime-t-il en évoquant comme piste les «cloud officer», une fonction nouvelle que toute entreprise contrôlée par la CSSF devra désormais avoir dans son staff.

Si le Luxembourg reste le marché principal du groupe avec près de 65% de l’activité pour 15,5 millions de chiffre d’affaires, les marchés belge et français sont également en pleine expansion. L’activité sur ce dernier marché a doublé en un an.