Tesla dévoile son semi-remorque électrique aux lignes futuristes

Après avoir révolutionné les voitures électriques, Tesla s’attaque à une nouvelle frontière du transport routier « vert » et a dévoilé jeudi un semi-remorque aux lignes futuristes, ainsi qu’un nouveau prototype pour sa voiture de sport Roadster.

« Nous avons conçu le camion Tesla pour qu’il soit (aérodynamique) comme une balle » a déclaré Elon Musk, le patron de Tesla, lors d’une soirée à Hawthorne, près de Los Angeles en Californie, où se trouvent les bureaux de design du constructeur.

Le nouveau semi-remorque aux quatre roues indépendantes et autant de moteurs se distingue des camions traditionnels par ses lignes épurées, son avant évoquant les trains à grande vitesse et sa carrosserie aux couleurs mates ou métallisées. Il accélère de 0 à presque 100 km/h en seulement cinq secondes, a promis le richissime visionnaire né en Afrique du Sud. Le Semi a une autonomie de 800 kilomètres « chargé à son poids maximum et à vitesse d’autoroute », a affirmé Elon Musk devant un parterre de centaines de clients, employés et journalistes. « Comme 80% de trajets font moins de 400 kilomètres, ça veut dire qu’on peut aller à sa destination et revenir sans recharger », a encore précisé M. Musk. La cabine de pilotage du Semi est assez haute pour permettre au conducteur de se tenir debout et se mouvoir sans contorsions.

Le conducteur est assis au centre de l’habitacle pour une visibilité non obstruée. Le siège pour un passager a quasiment disparu. A la place, un strapontin sur la cloison arrière équipée de rangements. « Le coût d’un camion est extrêmement conséquent » a cependant reconnu le charismatique patron de 46 ans, assurant qu’un semi-remorque au diesel serait « 20% plus coûteux qu’un Tesla » en incluant tous les coûts y compris assurances et essence. Le Semi arrive toutefois au moment où divers constructeurs comme Daimler, Volkswagen, Nikola, Einride, travaillent aussi au développement de semi-remorques électriques, parfois équipés de fonctions de conduite autonome et d’un design futuriste. Les experts remarquent aussi que des poids lourds et bus fonctionnant aux énergies alternatives comme les piles à hydrogène ou le gaz naturel comprimé existent déjà. Le Semi pourra s’adapter aux remorques standards. Il dispose des mêmes fonctionnalité d’assistance au pilotage que la berline compacte Model 3 (caméras, détecteurs pour minimiser les angles morts, les changements de voie intempestifs, freinage d’urgence…).

Le constructeur n’a pas donné de détails sur les coûts ou le lieu de fabrication et vise la fin 2019 pour démarrer la production, même si « Elon Musk n’est pas très bon pour tenir les délais », remarque Rebecca Lindland, analyste de la société de conseil automobile Kelley Blue Book. Le rythme de fabrication de la Model 3 est notamment très en retard, avec des pics de production de 500 à 1.000 exemplaires par semaine sur certaines lignes de fabrication alors que l’objectif était de 5.000. Tesla souhaite que ses camions, qui visent toute la gamme des trajets routiers, courts ou longs, puissent se recharger sur ses stations « Superchargeur », dont 1.000 sont actuellement disponibles à travers le monde.

Pour Rebecca Lindland, les semi-remorques électriques – et plus encore avec conduite autonome – sont particulièrement intéressants pour les villes et banlieues, les entreprises avec des routes répétitives comme la poste, voire les camions de nettoyage municipal, bus scolaires, etc. Tesla a confirmé un projet d’usine en Chine. « Il y a des opportunités formidables là-bas », où les grandes villes luttent contre le smog et la pollution, a ajouté l’entreprise. M.Musk a par ailleurs dévoilé un prototype de voiture de sport « Roadster », qui sera la « première voiture (de fabrication industrielle) à passer sous deux secondes pour monter à 100 km/h », a-t-il assuré. « Le but c’est de donner une bonne claque aux voitures à essence », a-t-il ironisé. Le groupe doit encore lancer la fabrication de ses toits solaires à la fin de l’année, accélérer la production de ses trois modèles de voitures (S, X, 3) et surtout, devenir enfin rentable. « Wall Street reste très tolérant vis-à-vis d’Elon Musk et considère Tesla comme une entreprise de technologie plus qu’un constructeur auto », note Mme Lindland, « mais il y aura un moment où les investisseurs (…) auront besoin de voir des bénéfices ». L’action prenait 0,36% dans les échanges électroniques à 312,5 dollars après la présentation.