L’émotion des Parisiens est palpable en ce samedi midi. Claire décroche le téléphone avec des sanglots dans la voix. La nuit fut longue. Elle a dormi par terre chez son frère devant la télé allumée pour suivre les événements.
« J’étais à un concert dans le nord de Paris. On était dans une bulle, protégé.» Ce n’est que plus tard en sortant du concert que l’horreur s’est faite évidence. Elle, qui vit au cœur du 11e arrondissement, n’a pas pu rentrer chez elle. Et ce matin, elle est passée devant deux scènes de fusillades. « C’était terrible !»
Gabriel, lui, travaille dans un restaurant près du canal Saint-Martin. « Hier soir toutes les devantures ont été rapidement fermées. Certaines personnes ont paniqué, d’autres non.»
François et Nathalie habitent également dans le 11e arrondissement. Pas loin du Bataclan en fait. Hier soir, c’était la valse des sms et des coups de fil. Familles et amis voulaient être rassurés. Vendredi soir, leur fille « s’est expatriée chez son amoureux par ce qu’elle était de sortie ». François aussi profitait de sa soirée à l’extérieur. Il a un peu galéré pour rentrer mais ne se plaint pas. Nathalie est restée chez elle sous le choc. A 2.00h elle essayait de dormir malgré le ballet incessant des sirènes, malgré l’effroi.
En tout cas, tous sentent une atmosphère spéciale ce samedi. Il y a moins de gens dans les rues. « Le quartier est assez calme mais pas désert, précise François. Ce n’est pas habituel. On fait, comme si il ne s’était rien passé, mais il n’y a pas de bruit, les gens parlent doucement dans les magasins »
Tous sont encore abasourdis et cherchent des yeux du réconfort, de la compassion. Les réseaux sociaux tournent à plein. « Tout le monde prend des nouvelles. C’est plutôt beau » souligne Claire. Même si toutes les manifestations sont annulées, elle veut sortir. La vie se poursuit. « Je n’ai pas peur » dit-elle.
JH




