
«Il peut être confirmé que les empreintes digitales» de l’homme tué le 7 janvier à Paris alors qu’il tentait d’attaquer deux policiers devant un commissariat armé d’un hachoir de boucher et muni d’un dispositif explosif (qui s’est avéré factice) «correspondent à celles d’une personne soupçonnée d’avoir participé le 16 octobre 2013 à un vol avec violence (arrachage d’un sac à main) en tant que complice», a précisé la justice luxembourgeoise ce 8 janvier.
L’enquête n’avait cependant pas permis d’établir la culpabilité de l’homme, qui avait été relâché.
Le parquet de Luxembourg confirme ainsi l’information du ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve selon lequel l’homme connu entre autres sous le nom de Tarek Belgacem aurait séjourné au Luxembourg.
La justice procède encore à vérifications pour établir le ou les lieux de séjour et l’identité sous laquelle le terroriste présumé résidait au Grand-Duché. L’enquête de 2013 relevait en effet un autre nom.
Entretemps, le député CSV Laurent Mosar a posé une question parlementaire urgente aux ministres de la Sécurité intérieure (Etienne Schneider)et de la Justice (Félix Braz). Il demande notamment si les informations dont disposaient les autorités luxembourgeoises permettaient «de présumer que Tarek Belgacem allait perpétrer un acte terroriste à Paris, voire ailleurs? » Et surtout « avaient-elles au préalable été communiquées aux forces de l’ordre françaises et autres? »
« Ce n’est pas idéal, comme collaboration »
Etienne Schneider a partiellement répondu en marge d’une conférence de presse sur les mesures de sécurité pendant la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE.
Le ministre a confirmé que les autorités « étrangères » ont demandé si les empreintes digitales étaient connues ici. Europol a ensuite transmis aux Français qu’il était bien répertorié au Grand-Duché. Schneider a par contre déploré que son homologue français ait transmis directement l’information à la presse. «Ce n’est pas idéal, comme collaboration. Nous essayons de procéder à un maximum d’échanges avec Europol, et ce n’est pas bien si cela finit directement dans les conférences de presse » a râlé le ministre.
Selon les médias allemands, l’homme abattu à Paris le 7 janvier était connu de la police allemande et aurait même fait de la prison. Sous au moins sept identités, il aurait commis des délits liés à la détention d’armes, au trafic de drogues et à la violence physique. Il est enregistré comme Tunisien, Marocain, Syrien et Géorgien, « nous ne sommes pas sûrs qui il est vraiment » a affirmé le directeur de la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Uwe Jacob. Le terroriste présumé résidait à Recklingshausen, dans un centre pour demandeurs d’asile depuis août 2015, après des séjours irréguliers depuis 2013. Il aurait auparavant résidé pendant cinq ans illégalement en France. Deux drapeaux de l’Etat islamique ont été trouvé à son domicile mais aucun indice ne désigne un réseau de radicalisation. L’homme semble avoir agi seul, selon les autorités allemandes.
Selon le Bild, son GSM aurait été localisé à Cologne lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Une nuit qui a été l’occasion de violences devant la gare de Cologne, où 500 plaintes ont déjà été déposées dont une grande partie pour des agressions sexuelles.
Laurence Harf
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Tarek Belgacem était-il connu des forces de l’ordre luxembourgeoises?



