Syrie/L’échecde l’ONU

Jacques Hillion / Une des rares certitudes qui ressort de la guerre en Syrie, c’est l’impuissance de l’ONU. Les bombardements américano-franco-britanniques effectués en représailles à l’attaque chimique présumée sur Douma, le 7 avril, sans le blanc-seing de l’institution internationale n’en sont que le dernier avatar.

Même sur le terrain de l’aide humanitaire, l’action de l’ONU est bloquée. Elle ne peut intervenir sans l’aval de Damas et de Bachar al-Assad, lequel mène sa guerre contre sa propre population.

Au niveau du Conseil de sécurité, les résolutions ne cessent d’être bloquées par le droit de veto détenu par ses cinq membres permanents. Moscou l’a ainsi utilisé douze fois depuis 2011. Jeter l’opprobre sur la seule Russie reviendrait pourtant à oublier que les grandes puissances intervenant en Syrie s’en servent plus pour faire avancer leur cause que pour arrêter la guerre.

La paralysie qu’entraîne le droit de veto n’est pas une nouveauté. Mais de guerre en guerre, de massacre en massacre, l’impuissance de l’ONU n’en devient que plus éclatante. Sa suspension, telle qu’a pu l’imaginer son ancien secrétaire général, Kofi Annan en son temps, ne serait-ce que pour pouvoir intervenir en urgence, n’a jamais été acceptée par ses membres.

Il est vrai que la paix se construit et qu’il faut vouloir la construire. Sans cette volonté, l’ONU n’a pas de marge de manœuvre. Et pourtant, tout comme feu la Société des nations, la construction de la paix n’est-elle pas son but premier?