Sur un airde Grexin’

MARC FASSONE / C’est un événement: la Grèce est officiellement sortie du plan d’aide international et européen mis en place en 2010. Huit années d’ultralibéralisme qui auront permis au système monétaire européen de résister à la plus grande crise de sa jeune existence. Mais qui auront coûté très cher aux Grecs: le PIB a perdu le quart de sa valeur, le chômage touche encore 20% de la population, les retraites ont diminué de moitié et les salaires quasiment d’autant.

Et maintenant?

Certes, le système financier et l’économie ont été sauvés. Mais à quel prix? Un prix difficilement chiffrable: celui de l’âme de l’euro. Car quand Yanis Varoufakis, éphémère ministre des Finances du gouvernement grec considérait que rien dans cette opération de secours ne relevait du principe de solidarité, on ne peut pas lui donner tort. La rigueur du plan de sauvetage, du moins à ses débuts, était aussi due à la volonté de punir les Grecs de s’être laissé bercer d’illusions sur la réalité de leur économie.

La monnaie unique, la mal-aimée de la construction européenne n’avait pas besoin de cela. Et la déprime post-dépression qui guette les Grecs, qui auront encore beaucoup d’efforts à faire, pourrait elle aussi être contagieuse. Un effet domino qui pourrait bien se répandre dans une Europe où beaucoup contestent l’euro. Pour des raisons de petite politique intérieure, certes. Mais ils trouvent de l’écho. Il faut redorer d’urgence le blason de l’euro.

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