Sur un air de réorganisation / Incertitudes sur l’avenir de la BIL

Fondée en 1856, la BIL est aujourd'hui la plus ancienne banque du pays.

Marc Fassone – mfassone@le-jeudi.lu / Semaine chargée pour Precision Capital: sur fond de rumeurs de vente de la BIL, le groupe KBL epb, l’autre banque qu’il possède, dévoile un résultat en forte baisse.

Ce n’est encore qu’une rumeur mais d’après l’agence de presse Bloomberg, la BIL serait en vente. Rien de définitif pour l’instant, on n’en serait qu’au stade de discussions préliminaires auprès de clients potentiellement intéressés.

Precision Capital est entré au capital de la BIL en 2012, au moment de la déconfiture du groupe Dexia. Un bon investissement: pour une mise de départ de 656 millions d’euros pour acquérir 90% du capital – les 10% restants revenant à l’Etat luxembourgeois –, Precision Capital a récolté jusqu’ici 193 millions de dividendes. Et la banque serait désormais valorisée à 1,5 milliard de dollars (1,37 milliard d’euros).

Du côté de la BIL, on s’est refusé à tout commentaire sur ces «rumeurs» en renvoyant à l’actionnaire. La banque a tenu son assemblée générale le lendemain de la publication de la dépêche de Bloomberg. Sans communication supplémentaire.

En 2016, la banque a réalisé un résultat net après impôts de 110 millions d’euros contre 134 millions un an plus tôt. De quoi faire une comparaison avec la situation de KBL epb. Une KBL qui se prévaut du «total soutien» de son actionnaire unique, malgré des résultats en baisse.

Projets d’avenir

Une baisse en trompe-l’œil. Certes, le produit bancaire a baissé de 15% à 465 millions d’euros. Mais cela est dû au changement de périmètre du groupe après la cession de ses activités en Suisse, à savoir KBL (Switzerland) Ltd et Vitis Life. Et si le résultat net baisse de 93% à 6 millions, c’est aussi parce que la vente desdites activités avait généré un profit exceptionnel de près de 60 millions d’euros portant le résultat 2015 à 81,3 millions d’euros.

Yves Stein, le CEO du groupe, estime que KBL epb se sort plutôt bien d’une année 2016 «difficile pour toute l’industrie de la banque privée». Et il préfère mettre l’accent sur la poursuite des investissements du groupe et la réorganisation qui en découle. Pour un coût de 77 millions en 2016.

Et si la banque ne compte pas faire de nouvelles acquisitions en 2017, la réorganisation continue avec comme points d’orgue cette année la fusion des deux banques néerlandaises de l’enseigne, Theodoor Gilissen et Insinger de Beaufort, ainsi que le déploiement d’Utopia, la nouvelle plateforme IT externalisée auprès du groupe suisse Lombard Odier via son PSF, TBI Europe. Ce qui se traduira par le transfert de 42 personnes et la mise à la retraite anticipée de 50 autres.

Face à ces efforts, Precision Capital ne touchera pas de dividendes. Un signe fort pour Yves Stein, qui y voit la volonté de poursuite d’une logique industrielle sur le moyen terme. Pour lui, la KBL n’est pas à vendre. KBL epb reste une bonne affaire pour Precision Capital qui, depuis 2013, a engrangé 143 millions de dividendes.