« Suprématie », une Planète des Singes époustouflante de réalisme

En voyant César assis sur son cheval, haranguant ses légions avant la bataille, vous pourriez avoir l’impression de regarder un film sur une guerre romaine. Sauf que César est… un chimpanzé.

Déjà sorti aux Etats-Unis, « La Planète des Singes – Suprématie », le dernier volet de la trilogie de science-fiction inspirée du célèbre roman de Pierre Boulle (1963), sort en salles mercredi en France, avec des effets spéciaux à couper le souffle.

Les primates digitalisés sont l’oeuvre du studio néo-zélandais Weta Digital, fondé par le réalisateur Peter Jackson, dont le travail dans la trilogie « Le Seigneur des Anneaux » a marqué une évolution majeure dans le monde des effets spéciaux.

Filmé au Canada dans les paysages sombres et enneigés de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, le réalisateur américain de « Suprématie » Matt Reeves a lâché des singes à l’évolution fulgurante dans un monde divisé, bouillonnant de rage.

Un groupe de soldats dirigé par un colonel incarné par Woody Harrelson –qui n’est pas sans rappeler le colonel Kurtz d' »Apocalypse Now » (1979)– lance une attaque décisive pour détruire les singes une fois pour toutes.

Le film est porté par Andy Serkis dans le rôle qu’il retrouve du majestueux César, pour lequel il s’est attiré encore plus de louanges que pour ses autres personnages numériques, comme Gollum dans « Le Seigneur des Anneaux » et « King Kong » (2005). « Dans ce film, César est physiquement beaucoup plus droit et il utilise beaucoup plus ses mains. Il ressemble davantage à un être humain dans la peau d’un singe », explique l’acteur britannique dans la documentation du film. « Mais à mesure que son intelligence et ses capacités se développent, ses sentiments et ses souvenirs le hantent également davantage », relève-t-il. Comme dans les films précédents de la série, Andy Serkis portait une combinaison grise et un dispositif de reconnaissance faciale capturant les moindres nuances des mouvements, gestes et émotions de César.

L’acteur de 53 ans a toujours soutenu qu’il n’y avait pas de différence entre jouer un rôle vêtu d’une combinaison de « motion capture » ou en costumes et maquillage. « Vous n’êtes pas là simplement pour un rôle de remplissage jusqu’à ce que la magie soit opérée plus tard (en studio, ndlr). Vous ne représentez pas seulement le personnage, vous êtes le personnage de façon réelle », a-t-il expliqué dans de courtes vidéos sur l’envers du décor.

L’équipe de tournage comptait 50 personnes chargées des effets spéciaux, une unité de caméra avec 10 personnes et une armée de photographes qui ont numérisé en 3D chaque centimètre des plateaux et lieux de tournage. De nouveaux outils numériques capables de reproduire parfaitement la captation de la lumière des caméras, ont permis d’éclairer les singes numériques comme l’aurait fait un metteur en scène sur un plateau. L’équipe a étudié comment la neige collait à la fourrure des singes, s’agglutinait et tombait sous l’effet de leurs mouvements.

La fourrure numérique du personnage de César compte, à elle seule, près d’un million de poils. « Il paraît complètement réel », s’est enthousiasmé Andy Serkis. « C’est une technologie vraiment géniale et je l’ai complètement adoptée. Je souhaite activement pousser les limites afin que ce film soit le plus excitant à tous les niveaux ».

Ce dernier volet de « La Planète des Singes » devra tenir la comparaison avec « Spider-Man: Homecoming », « Wonder Woman » et plusieurs autres grosses productions aux effets spéciaux toujours plus poussés. Même le critique de la BBC, Nicholas Barber, qui n’a pas aimé le film, décrit la magie des prouesses techniques comme « effroyablement avancée ». « Les textures de la peau et des cheveux épais sont si convaincantes que vous oubliez rapidement que vous regardez des acteurs en costumes de capture de mouvement », indique-t-il. « Vous avez l’impression de regarder de vrais singes vivants, même s’ils portent des fusils d’assaut et montent à cheval ».