Sud-est de la France: les pompiers luttent depuis trois jours contre des feux

Plus de 10.000 personnes évacuées à Bormes-les-Mimosas (Var), plus de 5.000 hectares de végétation partis en fumée et de nouveaux départs de feu dans les Bouches-du-Rhône: les sapeurs-pompiers luttaient mercredi pour le troisième jour consécutif contre des incendies dévastateurs dans le Sud.

A Bormes-les-Mimosas, une zone très touristique de la Côte d’azur dont la population double voire triple en été, « le feu n’est pas fixé, il évolue tout doucement et a tendance à s’élargir un peu », en raison d' »un vent assez fort et violent », a indiqué à l’AFP le commandant des opérations de secours, Serge La Vialle.

L’incendie, parti de la Londe-les-Maures et qui progressait vers le Cap Bénat, a ravagé 1.300 hectares et mobilisé plus de 550 sapeurs-pompiers, dont certains venus en renfort. « Toutes les collines étaient en feu jusqu’à la mer », raconte Jean-Paul Poinsart, 68 ans, qui habite à La Verrerie, entre La Londe-Les-Maures et Bormes. »On s’est auto-évacués chez ma fille, du côté de Bormes. »

Avec 8 à 9 millions de visiteurs par an, selon le Comité Var Tourisme, le département arrive juste après Paris comme principale destination touristique en France. Le feu serait parti d’un centre de stockage de caravanes, selon le commandant La Vialle. Face à la menace, « entre 10.000 et 12.000 personnes ont été évacuées cette nuit », a déclaré à l’AFP le maire de Bormes-les-Mimosas, François Arizzi.

Bien que « toutes les salles municipales aient été ouvertes », « certaines personnes sont restées dans leur voiture », a-t-il souligné. Des habitants ont aussi passé la nuit sur la plage. « Nous avons évacué tous les campings situés dans des zones sensibles.

Des camions passaient avec des sirènes, on a appelé les directeurs des campings », raconte M. Arizzi. « C’est un cauchemar: un feu qui part à minuit avec ce vent, sachant que les bombardiers d’eau ne peuvent démarrer que le matin », déplore-t-il. « Vers 23H15, on a commencé à voir les flammes et en dix minutes, elles étaient au sommet », témoigne Christian Fabre, un habitant de la Londe-les-Maures. « Nous sommes venus en vacances depuis Francfort, en camping, il y a deux jeunes enfants avec nous.

Vers 03H00, les sirènes nous ont réveillés. Nous nous sommes rassemblés sur la plage.

Toute la montagne était en feu. On a vu le ciel rouge », raconte une jeune Allemande, Amélie, la vingtaine.

La mairie de Bormes a appelé les touristes à ne pas regagner leur camping et à rester sur la plage jusqu’à nouvel ordre.

En vacances dans sa propriété de Cabasson, la famille grand-ducale du Luxembourg a dû être évacuée vers 01H00, a-t-elle fait savoir.

Sur un autre front, les pompiers faisaient face à de nouveaux départs de feu inquiétants dans les Bouches-du-Rhône. Après un premier incident maîtrisé à Martigues (40 à 50 hectares de pinède parcouru), un autre « plus complexe » s’est déclaré à Peynier à la mi-journée, selon les autorités. « Ce feu est très préoccupant et peut brûler de grosses surfaces s’il réussit à prendre de l’ampleur », s’est inquiétée auprès de l’AFP Magali Charbonneau, secrétaire générale de la zone de défense et sécurité Sud. « Aucune habitation n’est touchée » mais « plus de 1.000 hectares sont concernés », a précisé dans un communiqué la préfecture des Bouches-du-Rhône.

Le Premier ministre Edouard Philippe se rendra « sur le front des incendies » dans le Var mercredi soir, au lendemain d’une visite du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb en Haute-Corse, où il a annoncé la commande de six bombardiers d’eau de type Dash 8. Pour venir à bout de ces feux destructeurs, la France a sollicité deux avions Canadair dans le cadre de l’aide européenne.

Mardi soir, un premier avion prêté par l’Italie est arrivé en Corse. Au total, dans le sud-est de la France et en Corse, 4.000 hommes — dont 1.200 sapeurs-pompiers et 400 militaires de la sécurité civile en renfort — luttaient mercredi contre ces incendies, appuyés par 19 bombardiers d’eau (Canadair, Tracker et Dash).

Une vingtaine de secouristes ont été blessés. En Haute-Corse, où des feux ont détruit près de 2.000 hectares de gros maquis depuis lundi après-midi, « le feu est stabilisé mais pas maîtrisé », ont précisé les pompiers.