S&P dégrade ArcelorMittal à « BB »

L’agence Standard and Poor’s a abaissé mardi d’un cran à « BB » la note à long terme d’ArcelorMittal en raison de la chute du prix du minerai de fer, à dix jours de la publication des résultats annuels du géant de l’acier.

S&P s’attend à ce que l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) d’ArcelorMittal soit inférieur à ses attentes lors des prochaines années en raison de la chute du prix du minerai de fer, et abaisse donc d’un cran la note du géant sidérurgique très endetté, qui se trouvait déjà en catégorie spéculative.

L’agence a toutefois maintenu le groupe sous perspective stable, car « ArcelorMittal dispose d’une certaine flexibilité et d’une certaine capacité pour faire face à sa note actuelle », a-t-elle indiqué dans un communiqué. Le groupe a immédiatement réagi pour exprimer, dans un communiqué, sa « déception », mais aussi pour exprimer sa confiance en sa « stratégie qui nous donne un plan de route pour poursuivre l’amélioration de notre situation financière ». « Au cours des dernières années, nous avons réduit de manière significative notre dette nette, nous avons renforcé notre bilan comptable et nous avons désinvesti dans des activités qui n’étaient pas centrales », a rappelé le groupe. « Les résultats positifs de ces actions ont pu être observés dans nos récentes publications financières et, parallèlement au redressement de la demande d’acier sur nos principaux marchés, ils nous permettent d’améliorer notre rentabilité », a assuré le groupe, qui publiera ses résultats annuels le vendredi 13 février.

S&P a abaissé ses prévisions d’Ebitda pour le groupe en 2015 entre 7 et 7,3 milliards de dollars, contre 8 milliards jusque-là. L’agence avait renoncé à la fin de l’année dernière à abaisser la note du groupe sidérurgique après les résultats au troisième trimestre qu’elle avait qualifiés de « solide ».

La chute du prix du minerai de fer avait contraint ArcelorMittal à revoir à la baisse en juillet, et pour la deuxième année consécutive, son objectif d’Ebitda pour 2014 en le faisant passer de 8 à 7 milliards de dollars. Le groupe traîne une dette gigantesque qui a atteint 17,8 milliards de dollars au 30 septembre, soit 400.000 dollars de plus qu’à la fin du premier semestre. Son objectif est de la réduire « à terme » à 15 milliards.

A la mi-janvier, le numéro un mondial de l’acier a vendu ses mines de charbon en Russie, situées en Sibérie, à la société russe NTK.