Soubresauts / La social-démocratie face à son avenir

Jacques Hillion /Les communales vivent leurs derniers soubresauts. Ces derniers se concentrent essentiellement dans la bouillonnante Esch-sur-
Alzette. Les discussions en vue de mettre une nouvelle équipe à la tête de l’hôtel de ville viennent de s’y conclure. Non sans méli-mélo et autres coups de gueule. Les défaites sont parfois difficiles à assumer…

Au sein de Déi Gréng, deux anciens ont fait part de leur mécontentement envers l’abandon des socialistes pour rejoindre le CSV. Ce n’est pas une position de gauche, disent-ils en substance. Quitte à faire fi des intérêts nationaux… malgré l’enjeu local des communales. Une autre coalition était possible, mais elle aurait traîné un sacré boulet: celui de la rancune et de la défaite mal acceptée.

Et puis, il y a eu la démission de l’ancien échevin socialiste, Dan Codello. Il n’est ni le premier ni le dernier à claquer la porte de son parti après un échec électoral. Il pointe toutefois le doigt sur les fortes dissensions au sein des socialistes: le grand écart entre une aile sociale-démocrate, dont il s’érige en défenseur, et une aile gauche, qu’il décrit comme syndicaliste.

Le fait est connu. Il n’est pas nouveau. C’est aussi la particularité des partis socialistes que d’offrir des visages multiples. Seulement la perte de cohérence ou la prédominance de l’un d’entre eux empoisonnent depuis bien longtemps déjà la social-démocratie telle que nous la connaissons. Trop centriste et pas assez à gauche ou pas assez centriste et trop à gauche, l’électeur en a le tournis et cherche finalement d’autres horizons, ceux dont ils pensent qu’ils le rassureront, le conforteront. Le constat d’Alex Bodry dans une tribune au Tageblatt est, à ce titre, intéressant. Non seulement il y constate la faiblesse du LSAP mais revendique, si le parti veut rester populaire, une refonte en profondeur de ses structures. Il y a, dit-il, une place pour un parti de gauche, social-démocrate et écologique. Et matière à débat pour aborder les défis environnementaux et sociaux.

L’exemple eschois, à défaut de lui donner raison, apporte de l’eau à son moulin. Si sa réflexion englobe l’ensemble du système politique, la remise à plat de ce que pourrait être un socialisme réformateur au XXIe siècle est une des conditions pour recentrer le curseur politique. Et faire en sorte qu’il ne dévie plus vers les populismes dont la dangerosité est connue.