‘Sortir de Schengen’ serait coûteux

Une sortie de l’espace Schengen, souhaitée par la candidate à l’élection présidentielle Marine Le Pen, serait coûteuse à la fois pour l’Europe et pour la France, estime une commission d’enquête parlementaire qui juge toutefois indispensable de réformer le dispositif de libre circulation.

« En dépit de ses dysfonctionnements, Schengen constitue un acquis précieux de la construction européenne », peut-on lire dans ce rapport des sénateurs Jean-Claude Requier (Rassemblement démocratique et social européen) et François-Noël Buffet (Les Républicains) publié mardi.

« Symbole de la citoyenneté européenne, il permet de réaliser la libre circulation entre les États membres, que les Européens considèrent comme l?un des résultats les plus positifs de l?Union européenne », ajoute-t-il.
Le dispositif, souligne le rapport, constitue un facteur de fluidité économique propice aux échanges commerciaux.
« Dès lors, ‘sortir de Schengen’ serait coûteux à plusieurs égards : les conséquences économiques directes et indirectes seraient néfastes, tant pour le continent européen que pour la France », écrivent les auteurs.
Le coût total pour la France d’un rétablissement des frontières s’élèverait à 1,15 milliard d’euros, selon l’estimation basse calculée à partir des rapports de France Stratégie et RAND Europe.
Le tourisme supporterait la moitié du coût d?un abandon des accords de Schengen et les frontaliers un quart. Un huitième de ces coûts seraient budgétaires et le dernier huitième est supporté par le transport de marchandises.
Mis en oeuvre en 1985, l’espace Schengen regroupe 22 des 28 Etats membres de l’Union européenne (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Suède, Finlande, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie et Malte) et quatre Etats associés (Islande, Norvège, Suisse, Liechtenstein).
L’accord supprime les contrôles aux frontières intérieures, permettant la libre circulation des personnes entre les Etats signataires et associés. Des contrôles frontaliers ont toutefois été rétablis par plusieurs Etats européens en 2015 pour faire face à l’afflux de migrants en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient.

Reuters