Sombre avenir / Après l’élection de Bolsonaro au Brésil

Jacques Hillion / Un nouveau pays vient de tomber dans l’escarcelle de l’extrême droite. Le Brésil, avec l’élection à la présidence de Jair Bolsonaro, rejoint ainsi la trop longue liste des Etats gouvernés par la droite radicale qu’elle soit extrême, nationaliste ou populiste, quand elle ne mixe pas tous ces éléments.

Vulgaire, ouvertement raciste, homophobe, sexiste et nostalgique de la dictature qui a sévi au Brésil ente 1964 et 1985, cet ancien militaire a remporté l’élection à une large majorité (55,1% des voix).

Son succès électoral serait l’expression du ras-le-bol d’une partie des électeurs envers la violence et la corruption qui gangrènent la société brésilienne. Ce seul constat n’explique cependant pas la droitisation du discours. Elle en est une composante, mais certainement pas l’unique.
Ultranationalisme, attaque contre la presse et la liberté d’expression, défiance envers les élites et anti-intellectualisme… c’est la conjugaison de ces éléments du discours populiste qui gagne les électeurs et fragilisent les démocraties.

La violence verbale devient ainsi la norme et libère toujours un peu plus la parole d’exclusion et les actes violents. Bolsonaro, Trump,
Orban, Salvini et autres consorts, tous exacerbent les tensions politiques et créent une dynamique destructrice, tous participent à la remise en question de la démocratie et des valeurs humanistes, tous désignent un bouc émissaire.

C’est ainsi que l’on joue avec la vie des migrants qui tentent de traverser la Méditerranée, que se déroule une tuerie dans une synagogue de Pittsburgh. Demain ce sera l’homosexuel brésilien puis viendra le tour du syndicaliste, de l’Indien d’Amazonie. Si l’histoire ne se répète pas, il y a des bégaiements qui n’ont pas lieu d’être.

Ce ne sont pas que les sociétés démocratiques qui sont remises en cause. Avec l’élection de Bolsonaro, il se dessine une nouvelle alliance, là-bas aux Amériques. Le nouveau président brésilien a dit qu’il voulait que son pays se retire, comme Trump l’a fait, de l’accord de Paris sur le climat. Il veut également mettre fin au contrôle de la déforestation en Amazonie.

Et là, c’est l’avenir même de la planète qui s’assombrit d’un coup.