La solide croissance de l’économie américaine se confirme au 3e trimestre

L’administration Trump a confirmé mercredi une croissance solide de 3,5% de l’économie américaine au troisième trimestre en dépit d’une consommation des ménages, traditionnelle locomotive de l’expansion, moins soutenue.

« Avec cette seconde estimation, le paysage général de la croissance économique demeure inchangé », a commenté le département du Commerce soulignant que les hausses des investissements non résidentiels et des stocks des entreprises avaient été effacées par des révisions en baisse de la consommation des ménages et des dépenses des Etats et des collectivités locales.

L’administration américaine révise deux fois sa prévision initiale de croissance du Produit intérieur brut (PIB), à un mois d’intervalle à chaque fois, à mesure que les différentes données économiques sont affinées.

Cette seconde estimation est très légèrement inférieure à celle des analystes qui tablaient sur une hausse de 3,6%. Elle confirme le ralentissement par rapport au trimestre précédent, qui avait inscrit un plus haut en quatre ans à 4,2%. Mais elle reste sur un rythme favorable pour satisfaire les ambitions de Donald Trump. Dépasser les 3% d’expansion était l’un des objectifs de la campagne de 2016 et le président républicain Donald Trump devrait y parvenir cette année. Pour la période d’été, c’est une nouvelle fois la consommation des Américains, qui a tiré l’expansion de la première économie mondiale.

Elle est toutefois moins forte qu’estimée fin octobre (3,6% contre 4%), Les dépenses des consommateurs comptent ainsi pour 2,45 points dans la croissance américaine (contre 2,7 points initialement estimés). Comme à l’accoutumée, les Américains se sont rués sur les biens de consommation mais moins qu’anticipé il y a un mois (4,8% contre 5,8%).

En revanche, le département du Commerce a revu en forte baisse l’appétit pour les biens de consommation durables à 3,9% contre 6,9% publiés en octobre, imputant cette forte diminution au secteur automobile. Il a au contraire publié des données moins pessimistes pour le marché immobilier puisque la chute a été ramenée à 2,6% au lieu de 4% lors de la première estimation. Cet affaiblissement est lié à la hausse de taux d’intérêt qui renchérissent le coût des crédits immobiliers.

Les dépenses publiques ont été revues également en baisse à 2,6% au lieu de 3,3%, sous l’effet d’une nette révision en baisse des dépenses des Etats et des collectivités locales (2% contre 3,2%). Le commerce explique essentiellement le ralentissement enregistré au troisième trimestre.

La baisse des exportations des biens et services américains est d’ailleurs plus marquée qu’initialement estimée (-4,4% contre 3,5%).

Les importations, qui représentent un coût pour le PIB (-1,36 point) pour la période juillet-août-septembre, ont fortement augmenté (+9,2% contre 9,1% estimé en octobre) malgré les taxes douanières supplémentaires imposées par la Maison Blanche sur les importations d’acier et d’aluminium et des milliards de dollars d’importations chinoises. Ceci s’explique par des achats par anticipation en juillet et en août avant l’imposition de la deuxième salve de tarifs douaniers sur les produits chinois imposée en septembre.

La Banque centrale américaine (Fed) table sur une croissance du PIB de 3,1% cette année. Si cette hausse se concrétisait, la croissance des Etats-Unis serait la plus rapide du cycle d’expansion actuel qui est aussi l’un des plus longs puisqu’il est entré dans sa dixième année en juillet dernier.

Le Fonds monétaire international (FMI) estime, lui, que l’économie américaine va bondir de 2,9% cette année. Il martèle surtout depuis des mois que l’économie américaine va s’essouffler à mesure que les effets du stimulus fiscal et budgétaire vont s’estomper. Il met aussi en garde contre l’impact négatif de la guerre commerciale qui fait rage entre Washington et Pékin qui crée de l’incertitude et ralentit les investissements. M. Trump doit rencontrer son homologue chinois Xi Jingpin en marge du G20 de Buenos Aires en fin de semaine pour tenter de désamorcer la guerre commerciale.

Le président américain a jugé mardi qu’il y avait « une bonne chance » qu’un accord soit conclu avec Pékin. Le nouveau vice-président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Richard Clarida a signalé récemment que la croissance mondiale montrait des signes de ralentissement et que cela pourrait affecter l’économie des Etats-Unis.

Mardi, il a appelé à la prudence, préconisant une hausse graduelle des taux d’intérêt face à la délicate équation: relever les taux trop rapidement risque d’écourter l’expansion économique; les relever trop lentement pourrait accélérer l’inflation, ce qui pourrait compromettre la stabilité financière.