Societe / Une pierre à l’édifice

La majorité d’entre nous ignorait son existence. Le rat-taupe nu est pourtant apparu sur les radars. Pas pour des raisons esthétiques, car il faut bien l’admettre, l’animal est affreusement laid avec ses yeux atrophiés, son absence d’oreilles et ses incisives démesurées.

Non, la bestiole fait parler d’elle dans les milieux scientifiques grâce à son extraordinaire longévité. Avec ses huit centimètres de long et ses trente-six grammes tout mouillé, le rat-taupe nu peut vivre jusqu’à 30 ans. «C’est comme si nous, humains, vivions six cents ans en bonne santé», estime le Dr Frédéric Saldmann, directeur scientifique de la Fondation pour la recherche en physiologie, interrogé par Le Parisien. Six cents ans, une éternité.

En 1417, c’est la fin (ou presque) du grand schisme d’Occident. A l’époque, le monde européen est en pleine mutation, le système féodal décline et le rôle de l’Eglise aussi. Le christianisme ne devient plus aussi indispensable à l’exercice du pouvoir. Pendant quarante ans, il y aura une bonne quinzaine de papes ou antipapes selon le point de vue entre Rome, Avignon, Pise…

On notera au passage que c’est Sigismond, roi de la maison de Luxembourg, qui joue les médiateurs – en luxembourgeois? – pour mettre un terme à la querelle des papes bougons. Toujours est-il qu’à l’époque, l’Eglise perd de son influence. Juste un soupçon, car les grandes épopées des saintes inquisitions espagnole, portugaise ou romaine sont encore à venir.

Malgré toutes les tribulations, quelque six cents années après la fin du grand schisme d’Occident, l’Eglise fait de la résistance. Son influence, Dieu merci, n’a cessé de reculer, mais chez nous, elle est encore bien au milieu du village. Mais si dans nos contrées, les tentatives de se défaire de son emprise avancent à pas de rat-taupe nu, l’important c’est d’avancer.

On ne peut qu’encourager le ministre de l’Intérieur, Dan Kersch, à apporter sa pierre pour que l’édifice ne soit plus aussi religieux.

Olivier Tasch