Société /Totalement zébrés!

Thierry Nelissen / Alors que la volonté répétée de redynamiser la ville d’Esch-sur-Alzette n’empêche pas les commerçants de fermer boutique, une audacieuse opération de marketing de rue a avorté, dans la fureur municipale. Un annonceur ne s’était-il pas approprié quelques passages pour piétons de la Métropole du fer, en inscrivant dans les zébrures un message publicitaire? Quoi de plus anodin, en fait… Pour rendre l’artifice acceptable, il suffit d’apprendre aux enfants, dès leur plus jeune âge, avant de traverser la chaussée, à regarder en bas, puis à gauche, puis à droite, à s’engager en lisant le message au sol, avec un coup d’œil à gauche, puis un coup d’œil à droite au milieu de la chaussée, à pivoter alors pour appréhender l’inscription si elle est écrite à l’envers, et à terminer la traversée à reculons, tout en regardant à gauche. Facile, pratique, ludique presque. Rock’n roll en tout cas.

A aucun moment, cette adaptation comportementale toute simple n’a trouvé grâce auprès des édiles, qui ont envoyé dare-dare de pitoyables gouacheurs recouvrir de blanc les publicités pirates. Ce qui vaut aujourd’hui à la ville d’offrir aux piétons des zébrures à plusieurs nuances de blanc, ce qui est une insulte aux graphistes qui croient à la pureté et l’unicité de cette couleur (code 255, fois trois). Mais qu’il est gris, le blanc, quand on peint plus blanc!

A Esch, il n’y aura pas de passage protégé en peigne, en arc-en-ciel, en touches de piano, en cornet de frites. Rien qu’un annonceur un peu zébré qui payera la facture.