Société / Séduire, sans faute

Alain Ducat / Tout se mesure, tout se calcule. Il y aura toujours un institut de statistique, un féru de marketing ou une adepte de la communication sur les réseaux réputés sociaux – notons au passage que le féru masculin et l’adepte féminine peuvent ici être inversés sans nuire à la compréhension pas plus qu’à l’équation des genres – pour vous sonder. Jusqu’au plus profond de votre être parfois. Gare aux méthodes!

Cela étant posé, que peut-on vraiment mesurer en matière d’amour, de relations ou de séduction, une fois évacuées la question des mensurations et celles de la durée des mariages ou du nombre des divorces – ici aussi, on peut inverser les termes –?

L’application AdopteUnMec, site de rencontres approchées du bout des doigts sur un smartphone, a trouvé une étude à mener. Instructive dans ses interrogations, autant que dans ses conclusions: les fautes de langage, orthographe et syntaxe en tête, nuisent au succès d’un profil censé vous aider à trouver l’âme sœur – notons encore qu’ on ne dit jamais le cœur frère par exemple.

Une annonce multipliant les fautes intéresserait deux fois moins. Un Parisien de 25 ans, grand, brun, barbu, aura 59% de chances d’être adopté s’il a rédigé son profil correctement. 31% s’il y a laissé d’impardonnables coquilles. Les 10% qui restent laissent sans voix.

On n’ose imaginer le profil d’une éphémère et incorrigible starlette de télé-réalité, si d’aventure elle se risquait sur un tel site plutôt que sur un improbable plateau. Mais ne rêvons pas: le poids des photos comblerait sans doute celui des mots.