Société / Satanées mamelles

Thierry Nelissen / Le 4 septembre, j’enlève le bas», annonçait souriante Myriam, un mannequin, en monokini, poitrine altière, sur les espaces d’affichage d’une agence de pub française. Et effectivement, le jour venu, la jolie demoiselle retirait son maillot, ne cachant rien de… son fessier, pour la stupéfaction des uns, la déception des autres… et un bénéfice d’image maximum pour son commanditaire. C’était en 1981.

Oh, montrer la nudité n’était pas si facile à l’époque, et on ne glosera pas sur le caractère d’une féminité revendiquée ou d’un machisme asservissant, le sujet n’étant pas là… Les commentaires portèrent beaucoup sur l’impact marketing, beaucoup moins sur la révélation de la chair.

Près de quarante ans plus tard, alors que les jeunes enfants ont accès en privé à tout le porno qu’ils veulent, sans que les fournisseurs d’accès internet soient inquiétés, montrer ses seins en public semble être un problème majeur.

Les trois Femen, ces militantes qui se sont précipitées torse nu, à Paris, sur le cortège de Donald Trump ne sont pas poursuivies pour entrave à la circulation d’un gros lourd, mais pour «exhibition sexuelle». Ah bon! Si un homme avait fait de même, quels auraient été les chefs d’inculpation? Qu’est-ce qui distingue les seins des femmes de ceux des hommes? Leur volume? Faudrait comparer… Le caractère érogène du divin téton? Là aussi, il y aurait des analyses à faire… Leur fonction nourricière? Pas très sexuel, ça.

La diabolisation de la poitrine féminine semble surtout dériver des stéréotypes d’un imaginaire lubrique. Si ça excite les magistrats..