Société / Je réside, donc je suis

Thierry Nelissen / En présentant son plan de mobilité pour le pays aux horizons 2025 et 2035, le ministre du Développement durable François Bausch est persuadé que si tout le monde prend de bonnes résolutions – avec un coup de pouce de l’Etat partout où il le peut – on peut adopter des habitudes de déplacement plus respectueuses de l’environnement, et désengorger les axes de circulation. La vision d’un monde où l’on habite plus près de son lieu de travail, que l’on peut rejoindre à pied ou à vélo, où les enfants n’ont pas besoin d’être emmenés à l’école en voiture, où des transports en commun renforcés permettent d’éviter tant que possible de prendre la voiture, est séduisante et ne va pas nécessairement à l’encontre des aspirations des jeunes générations.

Mais ce qui détermine, en fin de compte, l’ampleur des fameux trajets domicile-travail, ce n’est rien d’autre que l’endroit où l’on peut se permettre d’habiter par rapport à celui d’où l’on tire de quoi financer ladite habitation ou au moins le loyer qui y est lié. Mais comment construire à Cessange quand on a tout juste de quoi louer à Longwy? Même si les plans sectoriels prévoient la densification de zones mixtes de travail et d’habitat, qui fixera les prix, si ce n’est le marché… qui n’en finit pas de flamber. Faute d’actions d’ampleur sur le logement, la mobilité de demain risque d’être, plus encore qu’aujourd’hui: «J’habite où je peux et je me déplace comme je peux.»