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Alain Ducat / Sujet brûlant, mardi, au JT vespéral du service public belge. Déjà monté en épingle par Le Soir dans la journée. «La Belgique va stocker les déchets radioactifs du Luxembourg». Passons sur les réactions épidermiques fleurissant sur les réseaux sociaux du genre: «Nous leur refilons bien nos déchets de fortune». Et voyons les faits, moins sexy pour l’audimat, même s’ils restent préoccupants.

Un accord bilatéral régit, depuis 1990, l’hébergement des résidus grand-ducaux dans le royaume voisin. En vingt ans et quelques petits colis livrés par la route, on a atteint le demi-mètre cube. En 2010, une directive européenne a contraint le pays à garder ses déchets. Ils sont confinés au CHL. Ce n’est pas Bure où la France compte oublier 85.000 m3 de restes irradiés.

En 2016, les deux pays ont renouvelé leur accord pour combler le vide juridique, et là, chacun prépare ses lois, afin de régler la question pour trente ans, avec un maximum transférable de 30 m3. Il y a de la marge, même si la Belgique peut refuser un transfert au cas par cas, si elle n’est pas sûre d’en assurer la gestion. Le Luxembourg paie les frais afférents, bien sûr. Au fait, quels déchets?

Le Grand-Duché n’a pas de centrale, mais une médecine nucléaire et une recherche active. Les matières résiduelles viennent d’appareils de radiothérapie, d’imagerie, de mesure… Rien de lourd. Mais ces scories ont une durée de vie très longue. Et le royaume, surréaliste, avoue ignorer encore où il pourra les enfouir. A part ça…