Société /L’idiome du village

Alain Ducat / Quand on est l’occasionnel voisin de chronique d’un éminent traqueur d’étymologie et de trésors lexicaux et que l’on peste volontiers sur les tortures infligées, jusque dans les médias, à la belle langue française, on ne peut qu’y être sensible… Ce mercredi 21 février, c’était la journée internationale de la langue maternelle. Promulguée par l’Unesco, en collaboration avec l’Organisation internationale de la francophonie, elle existe depuis près de vingt ans.

La Commission luxembourgeoise pour la coopération avec l’Unesco est évidemment de la partie, réitérant son engagement pour la culture, voire la défense, de la langue maternelle. Le contexte de diversité linguistique du pays rend la chose d’autant plus importante: le quotidien y démontre à quel point langues dites étrangères et maternelle peuvent coexister, et mutuellement s’enrichir.

Pour l’occasion, les écoles étaient invitées à encourager les élèves à présenter leurs racines et à utiliser l’idiome transmis par la famille. Les idiomes peut-être. La langue maternelle n’est pas forcément celle du père ou du compagnon, pas plus qu’elle n’est la mère de toutes les langues.

Car les combinaisons se multiplient quand les langues se délient. Plus de 150 nationalités sont présentes au Grand-Duché, un grand village. Certains pays ayant plusieurs cordes vernaculaires à leur arc et une langue pouvant être commune à plusieurs nations, en tout ou partie, les potentiels croisements relèvent du calcul de probabilité.

Mais cela donne une richesse, un fonds de cultures, qu’il est sympathique de valoriser.