Société / L’esprit enflammé

Maurice Magar / Ce mardi de Pentecôte, l’archevêque, Jean-Claude Hollerich, d’habitude si pondéré, s’est découvert une verve d’un genre particulier. L’aurait-il reçue du Saint-Esprit durant la Pentecôte, comme les apôtres après l’ascension du Christ? Le chef de l’Eglise catholique du Luxembourg était très remonté lors de la procession dansante d’Echternach, à tel point qu’il s’est redécouvert une âme de missionnaire, car les élèves du Luxembourg, a-t-il jugé, devraient tous être libérés ce jour-là afin de pouvoir retrouver la voie du seigneur en sautillant gaiement dans les rues epternaciennes jadis foulées par les augustes semelles de saint Willibrord, évêque missionnaire lui aussi.

«Une saloperie», s’est emporté Hollerich. L’église catholique peut-elle encore se permettre de telles sorties alors que, politiquement, le processus de séparation entre l’Etat et les cultes a démarré? Est-ce là un ultime sursaut? En tout cas, cela montre que le Luxembourg a encore un très long chemin à parcourir avant de parvenir à un semblant de laïcité. Car une école sans religion, doit-elle organiser son calendrier en fonction des fêtes du calendrier liturgique?

L’Eglise sent peut-être que le vent est en train de tourner à l’approche des élections et que les forces conservatrices reprendront le dessus fin 2018. L’occasion donc de sonner une charge pour réaffirmer sa place dans la société. Mais cette place correspond-elle vraiment à la réalité? Le temps d’une introspection est venu.