Société / Glyphosate party

Alain Ducat / Le Luxembourg ne veut plus du glyphosate. Et le dit dans l’hémicycle européen, tout en se rendant compte que son agriculture aura besoin d’une transition pour s’en passer.

Justement, le sujet rebondit. Les représentants et experts des Etats de l’Union étaient réunis mercredi pour décider des conditions de renouvellement – ou non – de la licence de l’herbicide – cher à Monsanto, qui a popularisé le Roundup – plus que controversé pour son impact sur l’environnement et sur la santé publique.

Lors du dernier vote, en juin 2016, plusieurs Etats, dont le Luxembourg, s’étaient abstenus. La Commission avait ménagé le suspense, prolongeant l’autorisation pour dix-huit mois. Elle expire en décembre…

Cette fois, la France et l’Allemagne, entre autres, disaient vouloir peser de tout leur poids pour interdire le produit ou, au moins, limiter son libre accès à moins de dix ans. De son côté, le lobbying de la multinationale laissait planer la menace d’une action contre Bruxelles si on lui bloquait le juteux marché européen

Alors? Telle la guerre de Troie, le vote n’a pas eu lieu. La Commission parle de renouveler l’autorisation pour cinq à sept ans, veut réfléchir. Sachant que la proposition doit recueillir une délicate majorité qualifiée – 55% des Etats membres représentant 65% de la population totale –, cela sent l’occasion manquée.

En attendant, on désherbe encore, et pas toujours devant sa porte.