Societe / Fondement

A la rentrée de septembre, le fameux cours «Vie et société», apparu l’an dernier dans le secondaire, sera aussi inclus dans l’enseignement fondamental. C’est la deuxième lame qui vient recouper le poil avant qu’il ait eu le temps de se rétracter. C’est en tout cas comme ça que peuvent l’interpréter les détracteurs de cette mesure portée sur les fonts baptismaux par l’actuel gouvernement, non chrétien, et dont, schématiquement, l’idée de base était de remplacer les cours confessionnels dans une éducation nationale davantage laïque, ouverte en tout cas sur les réalités plurielles.

Curieusement, ou non, le CSV s’est abstenu sur les amendements, lors de la discussion en commission parlementaire sur le projet de loi et l’avis du Conseil d’Etat.

De fait, pour Claude Meisch, ministre DP du ressort qui a poussé cette réforme, ce qui importe aussi, dans le cadre de la conception du cours de «Vie et société», c’est de discuter, d’ouvrir le débat, de faire comprendre les enjeux, sur «ce qui nous unit et ce qui nous sépare».

Autant apprendre aux enfants à faire le distinguo entre conceptions du monde et appartenances religieuses. Et, dès lors, autant le faire d’entrée de jeu, dans l’espace cadré d’un vrai cours, sur les bancs du fondamental.

Cette conception, qui n’est pas immaculée, a le mérite du progrès. Mais ne séduira pas les plus fervents défenseurs de la laïcité pure et simple. Ni le parti chrétien-social, pour qui ce n’est pas à l’Education nationale d’effectuer un tri par défaut, en gommant les aspects confessionnels pour mieux mettre en valeur l’aspect sociétal, mais aux parents, voire aux élèves, de poser leur choix, entre le cours de morale ou celui de religion. Ce dernier mot n’étant manifestement pas mis au pluriel.

Les autres partis de la majorité constatent que la méthode du cours commun n’est pas mauvaise.

Sur la forme, le groupe de travail, qui planche sur le programme, fonctionne. Un plan d’étude a d’ailleurs été discuté par les députés.

Sur le fond, pourquoi serait-il plus fou d’imaginer une dose homéopathique de philosophie bien expliquée aux gamins, plutôt qu’un dogme nourri à l’esprit sain ou aux flammes linguistiques de la Pentecôte?

Chez les instits, on semble s’adapter. Quelque 2.500 inscrits pour la formation ad hoc, c’est plus que prévu par le ministère. Il faudra certes encore discuter de l’avenir des enseignants de religion.

Un autre fondement.

Alain Ducat