Société / Citoyen,non mais oui

David Broman / C’est l’histoire d’un Luxembourgeois né aux Etats-Unis. En 2016, une banque (et caisse d’épargne) de l’Etat (luxembourgeois), obéissant à une loi fédérale américaine votée par le parlement américain (la loi FATCA), l’informe qu’il est une personne américaine et qu’elle va envoyer ses données financières privées à l’administration des contributions qui les fera suivre au fisc US (IRS). Le client, pensionné, conteste, précisant qu’il n’a pas résidé aux Etats-Unis depuis 1962 – il avait huit ans – , qu’il n’y a jamais travaillé et qu’il est citoyen luxembourgeois depuis 1988. Comme la banque luxembourgeoise lui réclame une preuve de ce qu’il dit, il achète pour 2.300 euros auprès de l’Etat américain un certificat de perte de nationalité. Malgré ça, cette banque (et caisse d’épargne) de l’Etat luxembourgeois, préférant sans doute montrer sa docilité citoyenne plutôt à l’égard de la loi américaine que de son client, maintient sa décision de considérer le client luxembourgeois comme «Americain person» et confirme l’envoi de ses données financières de 2017 à l’IRS. Comme la décision lui est communiquée sans explication ni motif, le client décide de changer de banque. Il introduit une demande d’ouverture de compte auprès d’une banque coopérative qui accepte volontiers de le considérer comme citoyen luxembourgeois à part entière.

La seule chose que j’ai dû faire pour enfin obtenir ce statut, était de remplir (à nouveau) un formulaire de l’administration des contributions de la République des Etats-Unis d’Amérique…