La sécurité intérieure, un atout négligé / Pourquoi pas?

L’analyse de la partie portant sur la sécurité intérieure du récent accord de coalition est révélatrice.

Ainsi, il est précisé qu’«aux termes de la Convention européenne des droits de l’Homme, le droit à la sécurité fait partie des droits fondamentaux (…). Garantir la sécurité de ses citoyens est une mission essentielle de l’Etat (…)».

Parallèlement à la présentation de l’accord de coalition, le président du syndicat de policiers SNPGL a publiquement déclaré que «la situation est vraiment dramatique dans plusieurs commissariats». Un tel cri d’alarme venant de l’intérieur du corps est suffisamment exceptionnel et critique pour le considérer en priorité et le nouveau ministre de la Sécurité intérieure devra fournir des réponses au plus vite. Dans ce contexte, l’annonce dans l’accord de coalition d’efforts continus de renforcement des effectifs de la police afin de renforcer de façon conséquente la présence policière sur le terrain est un message fort. Cela vise à garantir à la police les moyens nécessaires en ressources. Ainsi, il serait crucial que le nombre de policiers affectés au territoire de la Ville de Luxembourg augmente au moins proportionnellement à la croissance de la population durant les dernières années (plus de 30% d’augmentation de la population sur dix ans).

La vidéosurveillance constitue un autre sujet sensible et qui est à la traîne. Le 30 mai dernier, lors d’une réunion publique concernant la vidéosurveillance dans le quartier de la Gare, l’ancien ministre de la Sécurité intérieure a annoncé, moins de six mois avant les élections législatives, une extension de la vidéosurveillance plus généralisée dans le quartier de la Gare. Or, depuis, les élections se sont déroulées, mais cette extension qui constitue un élément supplémentaire dans l’arsenal préventif et répressif des forces de l’ordre n’est toujours pas encore installée.

Malgré la demande des forces de l’ordre pour disposer d’un outil additionnel qui faciliterait certainement le travail de la police, le nouvel accord de coalition ne semble pas considérer l’extension de la vidéosurveillance comme prioritaire. L’accord de coalition n’énonce pas non plus l’outil visant à prévoir la possibilité pour les forces de l’ordre de prononcer des expulsions de lieux publics, outil pourtant proposé par un des partis de la coalition actuelle.

Par contre, l’accord prévoit de mener une «expérience pratique visant l’introduction de caméras portées sur le corps et, le cas échéant, de caméras embarquées dans les véhicules». Cette mesure contribue à aider les forces de l’ordre et permet souvent des discussions plus objectives.

Toutes ces mesures n’empêchent évidemment jamais une infraction, mais elles constituent une aide précieuse dans l’élucidation des affaires de délinquance. Régulièrement, les citoyens expriment leurs soucis quant à leur sentiment, certes subjectif, de sécurité. D’autre part, la sécurité est souvent considérée comme atout pour la qualité de vie à Luxembourg, atout qu’il faut impérativement protéger.

Maurice Bauer