Sanctions: la banque Morgan Stanley réduit ses activités en Russie

Morgan Stanley Chairman & Chief Executive Officer James Gorman

La banque d’affaires américaine Morgan Stanley va réduire ses activités et ses effectifs en Russie, notamment à cause des sanctions occidentales contre la Russie qui « compliquent » l’accès aux capitaux internationaux.

Après une première annonce en décembre, la filiale russe de la banque a confirmé sa décision de « restructurer son business en Russie en liquidant la banque, en annulant la licence bancaire et en transférant le business dans une nouvelle entreprise », qui rendra des services de conseil sans besoin de licence.

« Début 2014, les Etats-Unis et l’Union européenne ont introduit plusieurs paquets de sanctions envers certains fonctionnaires, hommes d’affaires et organismes russes. Ces faits ont compliqué l’accès du business russe aux marchés de capitaux internationaux », indique la banque dans son rapport annuel 2018 publié lundi soir. « L’impact des changements sur les résultats futurs de la banque peut s’avérer important », ajoute ce rapport. Le retrait, qui concerne notamment les opérations boursières et celles sur le marché des changes, devrait être effective au premier trimestre 2020.

Dans son rapport de 2018, Morgan Stanley a rapporté au 1er janvier 2019 des actifs d’une valeur de 9,7 milliards de roubles (133 millions d’euros au taux actuel), soit moins d’un tiers qu’un an auparavant (30,7 milliards de roubles).

Le capital de la banque au 1er janvier 2019 a pour sa part légèrement augmenté d’1,7% à 5,9 milliards de roubles (81,6 millions d’euros) par rapport à l’année précédente. Selon une source proche de la banque, Morgan Stanley – qui emploie une soixantaine de personnes à Moscou – conservera une partie de ses effectifs sur place, en transférera certains à Londres et en licenciera d’autres.

Les liens économiques entre la Russie et les Occidentaux ont souffert de l’imposition des sanctions depuis 2014 en raison de la crise ukrainienne.

Aux sanctions, s’ajoute l’arrestation mi-février d’un investisseur américain de premier plan, Michael Calvey, fondateur du fonds Baring Vostok, et de son collègue français, Philippe Delpal, qui a jeté un froid dans les milieux d’affaires occidentaux.