Russie: sécurité renforcée pour la sortie d’un film controversé sur Nicolas II

La sécurité a été renforcée dans les cinémas russes pour la sortie du film « Matilda » sur le tsar Nicolas II, qui a provoqué la colère des orthodoxes traditionalistes, a indiqué mardi l’un des principaux distributeurs du pays avant la première à Moscou.

Le film, qui sort jeudi, retrace une liaison controversée entre Nicolas II et une ballerine. Pour ses détracteurs, « Matilda » donne une image « indécente » du dernier tsar russe, exécuté avec sa famille par les bolcheviks en 1918 et considéré comme martyr par l’Eglise orthodoxe. « Il y aura des mesures de sécurité renforcées, qui ne sont prévues pour le moment que pour le premier weekend de diffusion », a déclaré aux journalistes Alexeï Riazantsev, le directeur du distributeur Karo Premiere. Les cinémas ayant accepté de diffuser le film ont reçu des menaces, sur lesquelles enquête actuellement la police, a-t-il ajouté. Le plus important exploitant russe de salles de cinéma avait renoncé en septembre pour des « raisons de sécurité » à projeter « Matilda ».

Le réalisateur Alexeï Outchitel avait pour sa part appelé les forces de l’ordre à assurer la sécurité des salles qui projetteront son film. Un petit groupe de militants orthodoxes tenant des icônes de Nicolas II se sont rassemblés dans le calme lundi soir devant le théâtre Mariinski, où était diffusée la première à Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie. « Ce film est une affabulation et un blasphème. Il offense notre moralité », a déclaré à l’AFP l’un des manifestants, Vladimir Vassiliev.

Quatre personnes, dont au moins un militant ultra-orthodoxe, avaient été arrêtées en septembre, soupçonnées d’avoir incendié une voiture près de l’appartement moscovite de l’avocat du réalisateur. Cette attaque faisait suite au lancer d’un cocktail-molotov à l’intérieur du studio de cinéma d’Alexeï Outchitel à Saint-Pétersbourg et l’incendie d’un cinéma à Ekatérinbourg, la ville de l’Oural où la famille du tsar a été exécutée. « Cela a été très dur psychologiquement. Comme vous le savez, il y a eu des menaces (…) mais les autorités ont réagi et ces gens ont été arrêtés », a déclaré M. Outchitel lundi à Saint-Pétersbourg.