Russie : heurts lors de manifestations contre la construction d’une cathédrale

La police russe a arrêté mardi une dizaine de manifestants s’opposant à la construction dans un parc d’Ekaterinbourg, dans l’Oural, d’une cathédrale de la toute-puissante Eglise orthodoxe russe, au lendemain de heurts entre protestataires et des gros bras venus les déloger.

Plusieurs centaines de militants se sont réunis mardi soir sur le site, défendu par des dizaines de policiers dont des forces anti-émeutes, selon une journaliste de l’AFP qui a assisté à des interpellations musclées. Les autorités locales, citées par l’agence Interfax, ont annoncé avoir arrêté dix manifestants.

Lundi soir déjà, environ 2.000 personnes s’étaient réunies sur le lieu désigné pour la construction de cet édifice religieux. Selon les médias locaux, la découverte d’une clôture sur le site, situé en centre-ville, a poussé des centaines de personnes à former une chaîne humaine autour d’elle. Ils l’ont ensuite renversée avant de s’opposer à des agents de sécurité, dont un groupe de boxeurs lié à l’un des oligarques finançant le projet.

« Pour construire la cathédrale, ils veulent détruire le parc qui est l’un des endroits préférés des riverains pour se détendre », a affirmé un groupe de militants sur son site internet.

Des tensions ont émergé à plusieurs reprises ces dernières années en raison de projets de nouvelles églises ou de transfert de bâtiments au Patriarcat orthodoxe russe, qui dispose d’une influence considérable.

L’Eglise affirme que de nouveaux lieux de culte sont nécessaires après la destruction de nombre d’entre eux lors de la période soviétique.

A Ekaterinbourg, un combattant de MMA (arts martiaux mixtes), Ivan Shtyrkov, surnommé le « Hulk de l’Oural », a notamment été aperçu lundi soir parmi les gardes défendant le futur chantier. Il dirige une école de boxe locale sponsorisée par Igor Altouchkine, un milliardaire finançant la cathédrale.

Le gouverneur de la région, Evguéni Kouïvachev, a organisé dans la journée une réunion d’urgence entre des représentants de l’Eglise et des manifestants.

Le diocèse d’Ekaterinbourg, ville où ont été exécutés le tsar Nicolas II et sa famille, a souligné que cette construction était légale et que la fin du chantier, prévue en 2023, serait un « événement historique ».

L’édifice, qui devrait atteindre 66 mètres et accueillir jusqu’à 2.500 paroissiens, est une reproduction d’une cathédrale détruite par les autorités soviétiques à Ekaterinbourg en 1930. Plusieurs tentatives pour construire une nouvelle cathédrale dans des parcs de la ville ont échoué par le passé face à l’opposition des habitants.