Rupture de stock / Le Luxembourg vaut 7,68 planètes

Vous l’aurez sans doute lu ou entendu, ce 2 août marquait le «jour du dépassement». Date à laquelle, selon le Global Footprint Network, un institut de recherches international basé en Californie, l’humanité vit à crédit. C’est le jour où nous avons consommé toutes les ressources que notre Terre est capable de produire en une année. D’année en année, l’échéance recule. L’année dernière c’était le 3 août, en 2015 le 4.

Le problème ne date évidemment pas d’hier et depuis 1970, l’empreinte écologique (la demande) est plus élevée que la biocapacité (l’offre) de la Terre. La ligne du temps est assez vertigineuse. Voilà une vingtaine d’années, le jour du dépassement tombait au mois d’octobre. Et s’il est vrai que depuis une décennie l’accélération de la surconsommation se tasse, il n’en demeure pas moins que selon les projections, en 2030, l’humanité consommera deux planètes par année.

Les pays industrialisés sont évidemment les premiers concernés. On aime à souligner que si l’humanité tout entière vivait comme les compatriotes de Donald Trump, nous aurions besoin de cinq planètes.

Pourtant, les Yankees ont souvent bon dos lorsqu’il s’agit de soulager notre conscience… En effet, si les gens de ce monde venaient à tous vivre à la mode luxembourgeoise, ce sont près de huit planètes qu’il faudrait! Le Grand-Duché arrive ainsi sur la première marche de ce funeste podium. Pour une fois, les apôtres du «nation branding» ne vont pas s’en vanter. On entend même déjà la remarque du biais statistique dû au tourisme à la pompe.

Si la méthode de calcul est parfois critiquée, il ne faut pas perdre de vue que cette date du dépassement et ce nombre de planètes consommées sont évidemment symboliques. C’est une invitation à la réflexion sur nos modes de vie et sur l’impact, souvent violent, qu’ils engendrent sur notre environnement. Dans Libération, on peut ainsi lire qu’en une fraction de seconde, 287 passagers viennent d’embarquer à bord d’un avion, un bon million de kg de CO2 est émis dans l’atmosphère, 41.000 kg de nourriture sont jetés, 10.000 kg de viande de bœuf sont consommés ou encore près de 5.000 kg de poissons pêchés…

De quoi se dire qu’il faudrait peut-être ralentir la cadence.

Olivier Tasch

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