Des routiers bloquent une autoroute à la frontière franco-belge

Une autoroute a été bloquée lundi matin à la frontière entre la France et la Belgique par des chauffeurs routiers, provoquant plusieurs kilomètres d’embouteillages, à l’appel de syndicats mobilisés contre une réforme européenne « scandaleuse » de leur temps de repos.

L’action syndicale, qui s’est déroulée sur l’autoroute E17 à hauteur d’un poste-frontière situé à Rekkem, a duré environ une heure et demie, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police belge.

D’autres actions sont prévues durant la semaine en France, aux Pays-Bas et en Italie, ont indiqué les syndicats, en amont d’un vote prévu au Parlement européen sur une réforme des règles sociales européennes dans le secteur routier. « Les propositions qui sont avancées sont scandaleuses et constituent une véritable menace pour la sécurité de tous les usagers de la route », a fait valoir Frank Moreels, le président de l’Union Belge du Transport (UBT-FGTB) et de la Fédération européenne des travailleurs du transport (ETF). Les syndicats s’inquiètent en particulier d’une modification des règles sur les temps de conduite et de repos, craignant que les eurodéputés n’autorisent la prise du repos hebdomadaire en cabine.

Les pays de l’UE se sont déjà mis d’accord entre eux sur cette réforme, mais ils doivent désormais s’entendre avec le Parlement européen, qui doit adopter sa position de négociation dans les prochaines semaines. Le compromis trouvé entre Etats membres prévoit que le repos hebdomadaire normal doit être pris en dehors de la cabine du camion. Il prévoit aussi que le statut de travailleur détaché (payé dans les conditions du pays où il circule) soit appliqué dans le transport international, avec des exceptions.

Les négociations sur cette réforme, mise sur la table depuis près de deux ans, ont mis au jour l’opposition entre deux blocs.

Des pays comme la France accusent d’autres comme la Pologne ou la Hongrie de faire du dumping social, tandis que ces derniers reprochent aux pays de l’Ouest de faire du « protectionnisme » sous couvert de protection des conditions de travail des routiers.