Roumanie: le chef du fisc limogé malgré un déficit officiellement inférieur à 3%

Marian Gogu, 38, a former cleaner and construction worker from Romania, poses for a photograph near Leicester square in central London

Le gouvernement roumain a annoncé jeudi le limogeage du chef du fisc, Ionut Misa, dans un contexte de controverse sur le montant réel du déficit public dans ce pays qui assume depuis le 1er janvier la présidence tournante de l’UE.

« L’administration fiscale doit radicalement changer son comportement en 2019 », a déclaré à la presse le ministre des Finances Eugen Teodorovici, insistant sur une meilleure collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), un domaine dans lequel la fraude est particulièrement élevée en Roumanie.

Peu avant cette annonce, M. Misa avait néanmoins affirmé que le fisc « mériterait des félicitations », le volume des recettes publiques recueillies en 2018 ayant été selon lui « le plus élevé de l’histoire ».

Le principal conseiller économique du gouvernement social-démocrate, Darius Vâlcov, avait de son côté affirmé fin décembre, sans détailler, que le déficit public sur douze mois s’était établi à 2,92%, soit un taux légèrement inférieur à l’objectif que s’était fixé Bucarest.

Des analystes et l’opposition ont toutefois mis en doute la validité de ce chiffre alors que les dépenses ont explosé en 2018, dans un contexte de relèvement notamment des bas salaires et des retraites par la majorité de gauche.

Le sénateur libéral (opposition) Florin Citu a ainsi accusé le ministre des Finances de « manipuler les indicateurs économiques » et indiqué qu’il en informerait l’office des statistiques de l’UE, Eurostat.

« Il ne fait pas de doute que le déficit a largement dépassé les 3% selon le système européen des comptes (SEC) » qu’utilise la Commission européenne dans ses calculs, a lui aussi estimé Gelu Diaconu, ancien chef du fisc entre 2013 et 2016, dénonçant auprès de l’AFP l’emploi de « stratagèmes et d’artifices ».

Le ministère des Finances n’a pas encore soumis au gouvernement le projet de loi de finances 2019, en raison, selon les médias, des difficultés à trouver des sources de financement pour les nouvelles hausses des salaires et des retraites promises par les sociaux-démocrates.