Rois du pétrole /Les ventes d’essence et de diesel ont progressé de 4,9%

Alain Ducat/ Les bus de ligne sont de plus en plus électriques. Et le gouvernement plaide pour l’électromobilité et le développement durable. Mais le produit pétrolier reste roi.

D’ailleurs, il rapporte gros aux caisses de l’Etat: un milliard d’euros environ en 2017, en TVA, accises et droits de concession, selon les estimations du secteur.

En outre, les variations des prix des carburants peuvent encore avancer ou retarder le déclenchement de la fameuse indexation, attendue d’ici peu selon les dernières prévisions officielles. C’est dire si l’état des lieux du secteur pétrolier a des répercussions sur le pays.

Le Groupement pétrolier luxembourgeois (GPL) rassure le chaland en tout cas: en régression depuis 2012, le marché a connu en 2017 une tendance à la hausse.

Les ventes de carburants routiers (essence et diesel) ont progressé de 4,9%. On reste quand même loin en dessous des niveaux record atteints en 2005.

Le GPL souligne lui-même le rôle de premier ordre des produits pétroliers dans l’approvisionnement énergétique global du pays, où ils représentent deux tiers de la consommation finale d’énergie. Qui dit approvisionnement pense réserves: «Il est important de maintenir au moins les capacités de stockage actuelles sur le territoire national afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement», rappellent à l’envi les «pétroliers».

Le Groupement rappelle une évidence: le Luxembourg est un petit pays qui dépend largement des pays voisins pour assurer ses besoins énergétiques. «Il est donc impératif de supporter un cadre européen qui permette au secteur de rester compétitif et de fournir de manière fiable les énergies nécessaires au développement de l’économie nationale.»

Et, quand on évoque la question de la mobilité qui change de paradigme, le GPL plaide pour une comparaison complète, tenant compte de l’intégralité du cycle de vie total des différents carburants ainsi que des différents types de motorisation.

A propos de comparaison et d’évolution dans les carburants, il y a du changement dans l’air. Une nouvelle norme – EN 16942 –, obligatoire en Europe à partir d’octobre prochain, prévoit de revoir l’affichage dans les stations-service. L’objectif est de standardiser l’affichage des différents carburants, avec des sigles uniformisés. Les mêmes pictogrammes devront être visibles, près du réservoir, pour les véhicules nouvellement mis en circulation.

La mesure doit éviter la mauvaise surprise du consommateur qui, par erreur, met du diesel dans sa voiture à essence par exemple.

Le nouvel affichage prévoit aussi l’obligation d’indiquer le taux de biocarburants contenu dans les différents produits pétroliers – le taux d’éthanol maximum contenu dans l’essence, ou encore le taux de biodiesel maximum contenu dans le fioul de roulage.

Le président du GPL, René Hoffmann, commente: «Cet affichage harmonisé est une bonne chose pour les personnes qui voyagent beaucoup en Europe. Ce sera clair et on pourra facilement distinguer la nature du produit, essence, diesel ou carburant gazeux. Et le taux de biocarburant sera bien visible: au Luxembourg on a actuellement un taux maximum de 5% de bioéthanol dans l’essence 95 et un taux maximum de 7% de biodiesel dans le diesel.»

Une autre modification risque d’impacter certaines habitudes: l’apparition du carburant 95 E10, contenant jusqu’à 10% de bioéthanol, fabriqué principalement à base de betteraves et de froment. Pas si révolutionnaire si l’on considère que l’essence Euro 95 pouvait déjà contenir jusqu’à 5% d’éthanol. Mais l’Europe a décidé de passer à la dose supérieure suite à la COP21, la conférence de Paris sur le climat.

Déjà disponible en France (depuis 2009), en Belgique ou en Allemagne, ce carburant nouveau dans les pompes du Luxembourg fait partie de l’arsenal de mesures permettant au pays d’atteindre ses objectifs en matière d’énergies renouvelables – censées atteindre 10% dans la consommation du transport à l’horizon 2020.